La voie de l'enfance spirituelle
Son offrande à l'Amour Misricordieux...
1897: Thérèse s'éteint...
Vivre d'Amour!
Prière
Les grande dates de la vie de Thérèse
Les grandes étapes de sa glorification
Une vie toute Simple...
par Monseigneur Guy Gaucher, Evêque auxiliaire de Bayeux et Lisieux
La sainteté de Thérèse ne repose pas sur des phénomènes extraordinaires. Elle consiste à "faire de manière extraordinaire des choses tout ordinaires!"
On a beaucoup de mal à se rendre compte que la vie de Thérèse Martin fut tout ordinaire. Parce qu'elle est devenue sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus de la Sainte Face, connue dans le monde entier, avec de très nombreux titres (Patronne universelle des missions, patronne secondaire de France, Docteur de l'Eglise etc.), on oublie qu'elle est passée inaperçue de sa famille, de son entourage, de son Carmel, de son père spirituel... Certes, à Lisieux, on a pu parler d'une jeune fille qui a eu l'audace de parler au Pape Léon XIII lors d'une audience à Rome (un journal national l'avait signalé). Puis elle était entrée au Carmel à quinze ans et trois mois. Mais lorsqu'elle mourut, inconnue, dans un petit Carmel de province, il n'y avait guère que 30 personnes à son enterrement au cimetière de Lisieux. A sa canonisation à Saint Pierre de Rome, il y en aura 500 000, le 17 mai 1925. Alors ?
Alors, oui, une vie très ordinaire et très cachée.
Au coeur de la Normandie...
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Alençon...
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Ayant cinq filles à élever, Monsieur Martin cède aux insistances de son beau-frère Isidore Guérin, pharmacien à Lisieux. Toute la famille Martin s'installe aux Buissonnets. Thérèse y trouve une ambiance chaude mais les cinq années où elle va aller à l'école chez les Bénédictines resteront pour elle "les plus tristes de sa vie". Bonne élève mais timide, scrupuleuse, vivant mal les heurts retour haut
La nuit de Noël 1886, la grâce touche son coeur. C'est une véritable "conversion" qui la transforme en femme forte. L'Enfant de la crèche, le Verbe de Dieu, lui a communiqué sa force dans l'Eucharistie. retour haut
L'affaire Pranzini...
En 1887, entendant parler d'un assassin qui a tué trois femmes à Paris, elle prie et se sacrifie pour lui, voulant à tout prix l'arracher à l'enfer. Henri Pranzini est jugé, condamné à être guillotiné. Mais au moment de mourir, il embrasse le crucifix ! Thérèse pleure de joie : exaucée, elle le nomme son "premier enfant".retour haut
Lors d'un pèlerinage en Italie, Thérèse s'aperçoit qu'en dehors de leur "sublime vocation", les prêtres ont leurs petits côtés. Elle saisit qu'il faut beaucoup prier pour eux car ce sont des hommes "faibles et fragiles". Thérèse comprend que sa vocation n'est pas seulement de prier pour la conversion des grand pécheurs mais aussi de prier pour les prêtres. Au cours de ce même pèlerinage, elle demande au Pape d'entrer au Carmel à quinze ans. Réponse évasive, "fiasco", mais le 9 avril 1888, elle quitte à jamais son père, ses soeurs, les Buissonnets, son chien Tom... retour haut
Heureuse d'être là "pour toujours", "prisonnière" avec Lui... et 24 soeurs. La vie communautaire, le froid, la prière souvent dans la sécheresse, la solitude affective (même si elle retrouve deux de ses soeurs), elle supporte tout avec ardeur. Sa plus grande souffrance va être la maladie de son père bien-aimé, interné au Bon Sauveur de Caen, hôpital pour malades mentaux. Nouveau drame familial pour Thérèse. retour haut
La voie de l'enfance spirituelle...
C'est vers cette époque que la jeune soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus de la Sainte Face (tel est son vrai nom, résumé de sa vocation), découvre, après des années de recherche, la voie de l'enfance spirituelle qui va transformer sa vie. Elle reçoit la grâce d'approfondir la Paternité de Dieu qui n'est qu'Amour Miséricordieux (exprimé en son Fils Jésus incarné). La vie chrétienne n'est autre que la vie d'enfant du Père ("fils dans le Fils"), inaugurée au baptême et vécue dans une confiance absolue.
"Si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume de Dieu", dit Jésus (Mt 18,3). Par chance, Mère Agnès lui ordonne d'écrire ses souvenirs d'enfance.
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Ce don total la "renouvelle", brûle tout péché en elle. En septembre 1896, Thérèse ressent que sa belle vocation ("carmélite, épouse et mère") ne lui suffit plus. Elle éprouve durant sa prière, l'appel de grands désirs : être prêtre, diacre, prophète, docteur (de l'Eglise), missionnaire, martyr... Ces souffrances vont disparaître lorsqu'elle va enfin trouver sa vocation en lisant un passage de Saint Paul sur la charité (1 Corinthiens 13). Alors, tout s'éclaire pour elle et elle peut écrire :
"O Jésus mon Amour... ma vocation enfin je l'ai trouvée, ma vocation, c'est l'Amour!... Oui j'ai trouvé ma place dans l'Eglise et cette place, ô mon Dieu, c'est vous qui me l'avez donnée... dans le Coeur de l'Eglise, ma Mère, je serai l'Amour... ainsi je serai tout... ainsi mon rêve sera réalisé !!!..." (Manuscrit B, 3v°)
De plus en plus hantée par le souci des pécheurs qui ne connaissent pas cet Amour Miséricordieux, elle entre à Pâques 1896 dans une nuit épaisse où sa foi et son espérance doivent combattre. D'autant plus qu'une tuberculose ronge sa santé et l'affaiblit. Elle use ses dernières forces à enseigner la voie d'enfance aux cinq novices dont elle a la charge et à deux frères spirituels, prêtres missionnaires pour l'Afrique et la Chine...
Vivant cette "com-passion", en union avec la Passion de Jésus à Gethsémani et à la Croix, épuisée par des hémoptysies, elle garde son sourire et son exquise charité qui remonte le moral de ses soeurs, consternées de la voir mourir dans d'atroces souffrances. Par obéissance, elle continue jusqu'à épuisement la rédaction de ses souvenirs dans lesquels, avec une transparente vérité, elle "chante les miséricordes du Seigneur" dans sa courte vie. Priant pour "faire du bien sur la terre, après sa mort, jusqu'à la fin du monde", prophétisant humblement que sa mission posthume sera de "donner sa petite voie aux âmes" et de "passer son Ciel à faire du bien sur la terre", elle meurt le 30 septembre 1897. retour haut
"Il me lança à pleine voile sur les flots
de la confiance et de l'amour
qui m'attiraient si fort..."
Thérèse, Manuscrit A, 80
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"Au soir d'Amour, parlant sans parabole Jésus disait : « Si quelqu'un veut m'aimer « Toute sa vie, qu'il garde ma Parole « Mon Père et moi viendrons le visiter.
« Et de son cœur faisant notre demeure «Venant à lui, nous l'aimerons toujours !... « Rempli de paix, nous voulons qu'il demeure « En notre Amour !.. »
Vivre d'Amour, c'est te garder Toi-Même Verbe incréé, Parole de mon Dieu, Ah ! tu le sais, Divin Jésus, je t'aime L'Esprit d'Amour m'embrase de son feu.
C'est en t'aimant que j'attire le Père Mon faible cœur le garde sans retour. O Trinité ! vous êtes Prisonnière De mon Amour !.....
Vivre d'Amour, c'est vivre de ta vie, Roi glorieux, délice des élus. Tu vis pour moi, caché dans une hostie Je veux pour toi me cacher, ô Jésus ! A des amants, il faut la solitude Un cœur à cœur qui dure nuit et jour Ton seul regard fait ma béatitude Je vis d'Amour !...
Vivre d'Amour, ce n'est pas sur la terre Fixer sa tente au sommet du Thabor. Avec Jésus, c'est gravir le Calvaire, C'est regarder la Croix comme un trésor!...
Au Ciel je dois vivre de jouissance Alors l'épreuve aura fui pour toujours Mais exilée je veux dans la souffrance Vivre d'Amour; Vivre d'Amour, c'est donner sans mesure Sans réclamer de salaire ici-bas Ah ! sans compter je donne étant bien sûre Que lorsqu'on aime, on ne calcule pas !... Au Cœur Divin, débordant de tendresse J'ai tout donné.... légèrement je cours Je n'ai plus rien que ma seule richesse Vivre d'Amour.
Vivre d'Amour, c'est bannir toute crainte Tout souvenir des fautes du passé. De mes péchés je ne vois nulle empreinte, En un instant l'amour a tout brûlé.....
Flamme divine, ô très douce Fournaise ! En ton foyer je fixe mon séjour. C'est en tes feux que je chante à mon aise : « Je vis d'Amour !... »
Vivre d'Amour, c'est garder en soi-même Un grand trésor en un vase mortel Mon Bien-Aimé, ma faiblesse est extrême Ah je suis loin d'être un ange du ciel !...
Mais si je tombe à chaque heure qui passe Me relevant tu viens à mon secours, A chaque instant tu me donnes ta grâce Je vis d'Amour.
Vivre d'Amour, c'est naviguer sans cesse Semant la paix, la joie dans tous les cœurs Pilote Aimé, la Charité me presse Car je te vois dans les âmes mes sœurs La Charité voilà ma seule étoile A sa clarté je vogue sans détour J'ai ma devise écrite sur ma voile: « Vivre d'Amour. »
Vivre d'Amour, lorsque Jésus sommeille C'est le repos sur les flots orageux Oh ! ne crains pas, Seigneur, que je t'éveille J'attends en paix le rivage des cieux.... La Foi bientôt déchirera son voile Mon Espérance est de te voir un jour La Charité enfle et pousse ma voile Je vis d'Amour !...
Vivre d'Amour, c'est, ô mon Divin Maître Te supplier de répandre tes Feux En l'âme sainte et sacrée de ton Prêtre Qu'il soit plus pur qu'un séraphin des cieux !... Ah! glorifie ton Église Immortelle A mes soupirs, Jésus, ne sois pas sourd Moi son enfant, je m'immole pour elle Je vis d'Amour.
Vivre d'Amour, c'est essuyer ta Face C'est obtenir des pécheurs le pardon O Dieu d'Amour! qu'ils rentrent dans ta grâce Et qu'à jamais ils bénissent ton Nom....
Jusqu'à mon cœur retentit le blasphème Pour l'effacer, je veux chanter toujours : « Ton Nom Sacré, je l'adore et je l'aime Je vis d'Amour !... »
Vivre d'Amour, c'est imiter Marie, Baignant de pleurs, de parfums précieux, Tes pieds divins, qu'elle baise ravie Les essuyant avec ses longs cheveux... Puis se levant, elle brise le vase Ton Doux Visage elle embaume à son tour. Moi, le parfum dont j'embaume ta Face C'est mon Amour !..
«Vivre d'Amour, quelle étrange folie!» Me dit le monde. « Ah ! cessez de chanter, « Ne perdez pas vos parfums, votre vie, « Utilement sachez les employer !... »
T'aimer, Jésus, quelle perte féconde!... Tous mes parfums sont à toi sans retour, Je veux chanter en sortant de ce monde : « Je meurs d'Amour ! »
Mourir d'Amour, c'est un bien doux martyre Et c'est celui que je voudrais souffrir. O Chérubins ! accordez votre lyre, Car je le sens, mon exil va finir!... Flamme d'Amour, consume-moi sans trêve Vie d'un instant, ton fardeau m'est bien lourd Divin Jésus, réalise mon rêve : Mourir d'Amour !...
Mourir d'Amour, voilà mon espérance Quand je verrai se briser mes liens Mon Dieu sera ma Grande Récompense Je ne veux point posséder d'autres biens. De son Amour je veux être embrasée Je veux Le voir, m'unir à Lui toujours Voilà mon Ciel.... voilà ma destinée : Vivre d'Amour ! ! !....."
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O Dieu, ton Saint Esprit a enflammé le cœur de Sainte Thérèse avec un amour sans réserve à Ton divin Fils et l'a illuminée pour comprendre et pratiquer la Loi Suprême d’Amour. Accorde-nous par son intercession de Te trouver en toute personne, en toute chose et dans tous les événements. Nous Te le demandons par le Christ, nôtre Seigneur, Amen. retour haut
4 janvier
Baptême en l'église Notre-Dame
mars 73 - avril 74
En nourrice à Semallé (près d'Alençon)
2 avril 1874
Retour définitif en famille
28 août 1877
Mort de madame Martin à la suite d'un cancer du sein.
Thérèse choisit sa soeur Pauline comme seconde maman.
Monsieur Guérin, frère de la défunte, conseille à monsieur Martin de venir habiter avec ses filles à Lisieux où il est installé lui-même comme pharmacien.
Lisieux
16 novembre 1877
Arrivé de monsieur Martin et de ses cinq filles aux Buissonnets.
8 août 1878
A Trouville, Thérèse voit la mer pour la première fois.
13 octobre 1881
Thérèse entre comme demi-pensionnaire à l'abbaye Notre-Dame du Pré (école animée par les bénédictines.
Pauline entre au carmel de Lisieux et prend le nom de soeur Agnès.
25 mars 1883
Grave maladie de Thérèse
Fête de la Pentecôte : Thérèse est guérie aux Buissonnets par le sourire de la Vierge Marie.
Première communion de Thérèse à l'abbaye. Profession de Pauline (soeur Agnès) au carmel.
Confirmation de Thérèse par Monseigneur Hugonin.
Mai 1885
Début d'une crise de scrupules.
Février 1886
Malade, retirée de l'école; leçons particulières.
15 octobre
Marie, soeur ainée et marraine de Thérèse, entre au carmel de Lisieux et prend le nom de soeur Marie-du-Sacré-Coeur.
25 décembre
Après la messe de minuit, Thérèse reçoit la grâce de sa conversion.
29 mai 1887
Pentecôte : Thérèse obtient de son père la permission d'entrer au Carmel à 15 ans
Thérèse prie pour la conversion de Pranzini qui vient d'être condamné à mort.
1er septembre
Thérèse lit dans La Croix le récit de l'exécution de Pranzini et de sa conversion
31 octobre
Visite à Mgr Hugonin, évêque de Bayeux, pour obtenir l'autorisation d'entrer au Carmel
4 novembre-2 décembre
Pèlerinage en Italie
20 novembre
Audience du Pape Léon XIII. Thérèse présente sa supplique au Pape.
1er janvier 1888
Thérèse est informée de la réponse favorable de Mgr Hugonin,
mais les carmélites ne veulent pas que son entrée ait lieu en plein hiver.
Au Carmel...
Entrée de Thérèse au Carmel à 15 ans.
10 janvier 1889
Prise d'habit. Thérèse signe désormais : Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus de la Sainte-Face.
Monsieur Martin est hospitalisé au Bon Sauveur à Caen. Il y restera trois ans.
25 décembre
Résiliation du bail des Buissonnets
Profession religieuse de Thérèse
24 septembre
Cérémonie publique de la prise de voile
10 mai 1892
Monsieur Martin est ramené à Lisieux.
20 février 1893
Soeur Agnès (Pauline) est élue prieure du Carmel.
Mère Marie de Gonzague, la prieure sortante, devient responsable du noviciat.
Thérèse lui est associée pour la formation spirituelle des novices.
Mort de Monsieur Martin
14 septembre
Entrée de Céline Martin au Carmel.
Hiver
Par obéissance, Thérèse commence à rédiger ses souvenirs d'enfance (Manuscrit A). Découverte de la "petite voie".
21 janvier 1895
Thérèse joue sa seconde pièce sur Jeanne d'Arc
Fête de la Sainte Trinité : Thérèse reçoit l'inspiration de s'offrir à l'Amour miséricordieux du Seigneur.
Le séminariste Maurice Bellière est confié à Thérèse
21 mars 1896
Mère Marie de Gonzague est réélue prieure. Elle conserve la responsabilité du noviciat mais demande à Thérèse de s'occuper totalement des novices.
Nuit du 2 au 3 avril
Premier crachement de sang. Peu après Pâques, entrée dans la nuit de la foi.
30 mai
L'abbé Adolphe Roulland lui est confié comme second frère spirituel.
Septembre
Rédaction de lettres (manuscrit B) pour Sr Marie du Sacré Coeur : "Ma vocation, c'est l'Amour".
Par obéissance, elle écrit le manuscrit C.
8 juillet
Thérèse est descendue à l'infirmerie.
30 juillet
Thérèse reçoit l'extrême-onction.
30 septembre
Vers 19 h 30 : mort de Thérèse.
4 octobre
Inhumation au cimetière de Lisieux.
Les grandes étapes de sa glorification...
30 septembre 1898
Première édition de "l'Histoire d'une Âme" (2000 exemplaires)
1899-1900
Premiers pèlerins sur la tombe de soeur Thérèse : premiers miracles.
26 mai 1908
Guérison, sur sa tombe, de Reine Fauquet, une aveugle de Lisieux, âgée de 4 ans.
Début du Procès de Canonisation sous la responsabilité de Mgr Lemonnier, évêque de Bayeux.
1915
Début du second Procès, dit Procès apostolique, du fait qu'il se déroule à la demande du Siège apostolique.
Le Pape Benoît XV promulgue le décret sur l'héroïcité des vertus de la Vénérable Servante de Dieu.
29 avril 1923
Béatification de soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus par le Pape Pie XI et translation des reliques du cimetière de Lisieux au Carmel.