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Mission confiée

Jeffrey Bowker, L.C.

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Le père Jeffrey Bowker est né le 12 septembre 1960 à Richmond, en Virginie (U.S.A.). Il est entré au noviciat de la Légion du Christ en 1982. Il a fait partie de l'équipe administrative de la congrégation dans ce pays jusqu'en 1994. Il a suivi ses études de philosophie à l'Université Grégorienne de Rome et de théologie à l'Athénée Regina Apostolorum.

Je suis le huitième d'une famille de dix enfants. Mon père était électricien et ma mère, maîtresse de maison.

J'ai beaucoup de souvenirs d'une solide vie familiale grâce aux nombreux sacrifices de mes parents, et une atmosphère pleine de foi catholique. Par exemple, ma mère profitait de tout pour nous catéchiser et nous donner une vision chrétienne des événements de tous les jours. Chez moi nous récitions toujours, agenouillés devant une statue du Sacré-Cœur une série de prières, le matin, avant de partir à l'école.

J'allais dans une école paroissiale. Je rencontrais là une atmosphère très catholique, surtout grâce au témoignage de vie consacrée donnée par les religieuses et les prêtres confrontés à l'ambiance protestante de mon village, Richmond, en Virginie.

Un moment-clef fut au moment de mes douze ans, quand je commençais à servir la messe de la paroisse comme le faisaient tous mes frères aînés. Quand je devais servir la messe de six heures du matin, ma mère m'amenait tôt, une demi-heure avant. Qu'est-ce que j'allais faire seul, si tôt dans la sacristie ? Dormir ? Parfois j'étudiais. Mais peu à peu le silence m'attirait, je pensais beaucoup à la présence du Saint-Sacrement, je regardais beaucoup le tabernacle ; il entrait en mon âme une grande paix et je compris une fois pour toutes que je voulais vivre avec le Christ au service de son autel pour toujours. C'est ainsi que je fus appelé au sacerdoce : simplement, graduellement, à un jeune âge.

Peu de temps après ma décision fut connue, lorsqu'un missionnaire d'Afrique passa par mon école. Au cours de ses descriptions de la vie d'un missionnaire en Afrique, il nous demanda si l'un d'entre nous voulait être prêtre. Je levai la main. Je fus le seul. Je fus très encouragé par le curé et par mes parents, mais aux yeux de mes camarades j'étais un phénomène et je devins l'objet de bien des plaisanteries. Ils m'appelèrent "rabbi Bowker", ce qui ne me plaisait guère ; je pensais cependant que c'était leur façon de montrer leur respect envers la voie que j'avais choisie pour ma vie, aussi l'acceptai-je.

Les années soixante-dix étaient des années de changement social, avec tous les problèmes que cela entraînait dans et hors de l'Eglise. Beaucoup de mes frères et sœurs aînés s'éloignèrent de la pratique de leur foi. Cela me bouleversa beaucoup. La pensée de ma vocation m'aida à ne pas rejeter ma vie de foi fidèle.

J'étudiais dans l’enseignement public car il n'y avait pas d'école catholique près de chez moi. Dans cette atmosphère je ne rencontrais pas beaucoup de moyens de renouveler mon appel au sacerdoce. A cause des difficultés qui accompagnent l'adolescence je laissai tomber l'idée de la prêtrise et je pensai à un autre type d'études. Je me dirigeai donc vers l'université de Richmond pensant devenir médecin ou avocat.

Dieu est patient et revint dans ma vie pour voir s'Il pouvait m'appeler à nouveau. Alors que j'approchais de la fin de ma première année à l'université, je vis un programme religieux sur la vie du Christ à la télévision, pendant la Semaine Sainte. Ce fut une étincelle, il me revint à la mémoire mon appel au sacerdoce ; je ne pouvais y résister bien que je ne veuille pas la voir. J'avais été le témoin de tant de souffrance spirituelle et morale dans ma famille et parmi mes compagnons que ma réponse fut totale.

Je commençais à chercher. Un de mes camarades me dit au cours d'une conversation qu'il avait entendu parler d'une congrégation, assez nouvelle, dont il n'était pas sûr qu'elle soit aux Etats-Unis. Elle s'appelait la Légion du Christ. Je ne sais pas pourquoi, mais je me mis à chercher son nom partout. Je le trouvais dans l'annuaire catholique national. Ils avaient une maison à Orange, dans le Connecticut. J'écrivis une lettre au directeur, le Père Anthony Bannon, L.C. pour lui demander des informations. Il me répondit avec une lettre impressionnante, me parlant d'une mission urgente et d'une formation complète. Je décidai, avec un autre ami, Steven Reilly, d'aller leur rendre visite dans le Connecticut pour voir si Dieu m'appelait à être légionnaire.

Nous sommes arrivés au milieu de l'hiver dans une propriété qui comportait deux maisons. La capacité se limitait à vingt novices et trois prêtres. Le dortoir était très austère et rustique, mais je me souviens l'enthousiasme contagieux qui existait entre les novices, et de leurs petits détails de charité. On avait aussi la possibilité de lire quelques écrits du fondateur. Sa vision du monde m'impressionna. L'adoration quotidienne du Saint-Sacrement fut aussi très importante. Depuis mes années à l'école primaire je compris que ma vocation avait ses racines dans l'Eucharistie. Au cours de cette visite je retrouvai la mission confiée et intimement unie à l'appel que je ressentis dans la sacristie de ma paroisse. Je me lançais donc sur ce chemin en demandant l'autorisation de participer à la « candidature ». J'ai toujours avancé avec l'aide constante de la grâce de Dieu et animé par les paroles et l'exemple de mon père fondateur, le père Marcial Maciel.

Qu'arriva-t-il à mon ami Steven Reilly ? Nous serons ordonnés ensemble en novembre prochain, 50° anniversaire de l'ordination sacerdotale de notre fondateur.


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