Le Père Rafael Gonzales Maciel est né à Cotija de la Paz dans la région du Michoacan au Mexique le 22 décembre 1964. Il entra à la Légion le 20 juillet 1979. Il a participé à plusieurs apostolats en tant qu'orienteur de jeunes et administrateur du collège CEYCA. Il a collaboré à l'organisation de groupes d'adolescents à Mexico. En 1994 il était promoteur de vocations en Colombie.
Ma vocation est née au sein d'une famille très chrétienne. Dieu plaça en Francisco, mon jeune frère et en moi la semence du sacerdoce. Je suis le septième d'une famille de dix enfants. Chez nous nos parents nous apprirent l'importance de donner à Dieu la première place. Ils surent nous transmettre, par leur exemple et leurs paroles, l'amour de Dieu et des autres ; ils nous apprirent à être dans l'attente de ses besoins et disposés au sacrifice, à être désintéressés et à mettre notre confiance en Dieu qui est fidèle.
Mes frères et sœurs : mes meilleurs amis. A présent je comprends mieux le rôle qu'ils jouèrent dans l’enthousiasme à suivre ma vocation que j’éprouve : au moment décisif d'entrer à l'école apostolique, spécialement au moment du passage au noviciat en Espagne. J'ai toujours eu la certitude de la proximité spirituelle de toute ma famille qui se ressentait plus encore que leur présence physique.
Toute ma vie a tourné autour de la Légion, depuis ma tendre enfance à l'Institut Cumbres jusqu'à mon entrée à l'école apostolique. La proximité et l'expérience spirituelle de Mama Maurita, ma grand-mère et la mère du Père Maciel, gravaient dans mon âme, peut-être de façon inconsciente, le plus important pour moi : l'amour de Dieu et du prochain. Je me rappelle très bien les intentions pour lesquelles elle offrait ses souffrances : la persévérance des prêtres, le salut des âmes... Grâce à ses prières, ses sacrifices et conseils, beaucoup de légionnaires continuent à donner leur vie pour la conquête du monde pour le Christ.
Il est clair que le semeur de toute vocation est Dieu. Mais Dieu ne se contente pas seulement du fait que nous découvrions sa volonté, il exige la collaboration de l'homme, qui accueille avec son intelligence et sa liberté l'invitation qu'il lui offre. Il est indispensable de cultiver cette semence. Mais il arrive souvent que l'homme puisse la perdre par manque de culture, laissant passer le temps, espérant peut-être un signal spécial de la part de Dieu, pour être sûr de suivre le bon chemin ; le désir d'être prêtre se dilue au fur et à mesure des ans.
Au début de l'école secondaire la possibilité d'être prêtre ne me passait pas par la tête ; j'avais d'autres intérêts : les amis, les filles, le sport... Cette période était remplie de lumière et d'ombre ; d'un côté l'invitation de Dieu et de l'autre la voix de l'égoïsme, de la vie facile. En 1979, le pape Jean-Paul II vint rendre visite au Mexique. Nous l'attendions très tôt dans la rue 20 Novembre ; il devait passer par là. Tout notre cœur plein du Pape. Dans les rues nous avions installé des drapeaux du Vatican, des bonnets, des fichus et des photos de sa Sainteté. Nous recevions, avec des chants le représentant du Christ sur la terre, l'ami qui était près de chaque homme, le bon pasteur qui donne sa vie pour l'Eglise.
Le point-clef de ma vocation s'est trouvé à la fin de ma première année d'étude secondaire, à l'âge de quatorze ans. Une phrase de l'Evangile, au cours d'une retraite de l'ECYD dirigée par le Père Juan Andrés Ramos, L.C. "A quoi sert-il à l'homme de gagner le monde s'il vient à perdre son âme ?" réveilla l'appel de Dieu qui était latent en moi. Cette petite phrase de Jésus-Christ m'a fait réfléchir sur le plus important de la vie : pourquoi est-ce que j'existe ? Pourquoi Dieu m'a-t-il créé ? Cela me poussait à donner à Dieu tout ce qu'il m'avait donné. Une autre question venait aussi, peut-être pour échapper à un engagement envers Dieu. « Dieu, pourquoi m'appelles-tu, moi spécialement, alors que dans ma classe et dans le collège la plupart de mes compagnons sont meilleurs que moi ? Je parlais de tout cela avec Francisco, mon frère, et nous nous sommes décidés à consulter le Père Maciel sur la possibilité de rentrer dans l'école apostolique pour voir si nous avions la vocation.
La vocation est un mystère, c'est un cadeau de Dieu qui appelle celui qu'Il veut sans se fixer sur les qualités ou les vertus qu'on peut avoir. Il appelle pour qu'on soit avec Lui. De toutes façons quel plus grand bonheur peut éprouver l'homme que d'être près de son Créateur, de son Rédempteur ?
La légion a été pour moi comme une mère qui m'a tout donné. Elle s'est occupée de moi par l'intermédiaire de mes supérieurs, elle m'a consolé, m'a énormément enrichi par la spiritualité légionnaire et par les paroles de notre Père Fondateur, le Père Marcial Maciel. Elle m'a aidé à mûrir mon amitié avec le Christ et de cette rencontre avec lui a surgi le désir de le communiquer aux autres. Une des plus grandes grâces de notre vocation provient de notre appel au moment de la fondation de cette œuvre de Dieu.
Combien on est aidé par l'estime, la cohésion interne au sein de la Légion, l'esprit de charité et de travail d'équipe, les attentions reçues dans un foyer ou un collège légionnaire ! Il y a quelque chose que l'on respire en entrant à la Légion, et c'est l'esprit de famille. Tous mes compagnons légionnaires sont de véritables frères pour moi, prêts à donner leur vie pour moi. C'est là que s'accomplit la phrase du Christ "celui qui quitte père, mère, frères et sœurs recevra le centuple".
Le soutien de ma vocation repose dans les paroles du Christ : "je serai toujours avec toi". Paroles que Marie conservait dans son cœur : "le Seigneur est avec toi". C'est la certitude que devrait avoir tout chrétien.
