1) Le cours commence par de brèves notes sur l’histoire de la réflexion en ecclésiologie. Nous devons être bien conscients de ce que l’Eglise, même si l’Esprit-Saint continue à vivre en son sein et à la diriger vers la vérité toute entière (Jn, 16-13), chemine à travers l’histoire et que celle-ci est fluctuante. Les hommes changent, les cultures varient, de nouveaux problèmes surgissent. Tout cela a fait que l’Eglise progresse dans la compréhension d’elle-même, pas toujours de façon homogène et harmonieuse, mais d’une manière souvent fragmentaire, parce qu’elle se fixe sur les urgences du moment et laisse en dehors de son champ de réflexion d’autres points tout aussi importants. Le fait de parcourir toute cette évolution historique aidera à se forger une idée d’ensemble plus complète et nuancée des problèmes. Ce survol constituera le premier chapitre, bref et synthétique, mais nécessaire.
2) La seconde partie du cours, plus étendue, sera de caractère dogmatique puisqu’elle exposera de façon ordonnée le Magistère de L’Eglise, c’est à dire, son origine, sa nature et sa mission. Nous commencerons par étudier comment, dans un certain sens, elle peut être appelée icône de la Trinité. Nous analyserons ensuite sa nature et nous le ferons de façon graduelle : nous nous pencherons sur sa dimension sacramentelle – Vatican II insiste tellement – Nous étudierons quelques symboles à travers lesquels l’Eglise est présentée dans l’Ecriture, et les divers attributs que le Crédo lui concède ; nous nous arrêterons enfin sur les différents ministères hiérarchiques. Nous terminerons par la réflexion sur sa mission : l’Eglise en tant que continuatrice de la mission du Christ, offre au monde le salut par sa triple fonction d’enseignement, de sanctification et de guide.
3) On remarquera d’ores et déjà que la base de notre exposé et de notre réflexion se trouve dans la Constitution dogmatique « Lumen Gentium » de Vatican II. Il est bien connu qu’après le Concile, le Magistère a traité certains sujets d’Eglise en diverses occasions et que la recherche des théologiens a essayé de progresser dans la présentation du mystère de l’Eglise. Mais nous croyons que cette constitution est toujours la source où s’abreuve la recherche qui a suivi. Pour le prouver il suffit de lire quelques travaux sur l’ecclésiologie de ces dernières décennies, et les documents du Magistère qui ont eu trait à certains sujets relatifs à l’Eglise, comme c’est le cas du « Cathéchisme de l’Eglise Catholique ». Tous font référence de façon explicite et constante à cette constitution.
(12) Session IV du 8-4-1546 : « Decretum primum….. » (DS 1501-1505)
(13) pour une brève histoire de l’établissement des livres canoniques, tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, o, peut consulter : Manucci V « La Biblia como palabra de Dios, Desclée, Bilbao 1988 p. 183-209.
(14) DV 10c
(15) W. Kasper montre bien ces précisions dans salamanca 1986 p. 313-315.
« Le Dieu de Jésus-Christ, Suis-moi » « Eldios de Jesus-Cristo, Sigue me »
(16) K. Rahner « Remarque sur le traité dogmatique « de Trinitate » dans « écrits de théologie IV »
(17) Forte. B « L’eglise, icône de la Trinité », Médias-Paul, Paris 1985. A la page 33, il décrit la relation dont nous parlons : « L’Eglise naît de la Trinité, elle marche vers elle et elle est structurée à son image : tout ce qu ‘a dit le Concile sur l’Eglise est résumé dans la mémoire de cette origine, de cette forme et de ce destin trinitaire de la communauté ecclésiale » (d’après la traduction espagnole, F. Mateos Gil )
(18) LG 5b
(19) S. TH. II-II en Q1 a-9 ad 5 ; Q2, a.2. La distinction, cependant, est d’origine augustinienne : cf, Augustin S. IN Ioannen 29, 6 : PL35, 1931,1741.
(20) KELLY J. N. D Primitivos credos cristianos, Secret Trinitario, Salamanca 1980 p. 113-117 ;185-194 (l’original est l’anglais : Early Christian Creeds, Longnam, London 1972.
(21) Trad. Apost. 21.
(22) De fait, quand, plus tard, on a supprimé la préposition «en » qui signalait l’Eglise comme le lien où agit l’Esprit-Saint, il y a en des auteurs qui ont ressenti le besoin de réaffirmer la différence entre Dieu et l’Eglise. C’est le cas pour Fausto de Riez « De spiritu sancto » 1,2 : CSEL 21, 1031.
(23) Martin Ma « Pensamientoteologio y cultura » (Pensée théologique et culture) Atenas, Madrid 1989. Ce petit livre aide à comprendre comment les idées et les problèmes de chaque époque ont influé sur la recherche théologique.
(24) Mondin B. Le nuove ecclesiologie, Paoline, Roma 1980. Cette étude est utile parce qu’elle analyse et classe les auteurs d’après les structures de leurs travaux. Anton, A Ecclesiologia postconciliare : Speranze, risultatie prospettive dans Latourelle, R Vaticano II Bilancio & Prospettive, Citadella, Assisi 1987, Vol. I p. 361-388. Ce livre est très instructif parce qu’il permet de voir où en est l’ecclésiologie depuis le Concile.
(25) Catecismo de la Iglesia Catolica. , Madrid 1992 (Catéchisme de l’Eglise Catholique)
Dans la première partie, section II, l’article 9 du chapitre 3 expose la doctrine sur l’Eglise. Dans ces pages, on trouve 149 citations de la Constitution « Lumen Gentium »