retour accueil

Il est vivant parmi nous aujourd'hui !

Chapitre 2

La négation de l'existence de Dieu



Il est possible de rencontrer, surtout parmi les jeunes, des personnes qui se déclarent athées. Ce sont des gens qui nient l'existence de Dieu et demandent parfois aux croyants quelles preuves ils peuvent alléguer pour soutenir que Dieu existe. Cette question, parfois provocatrice, cache peut-être un désir inconscient : celui d'avoir une certitude que Dieu existe pour trouver le sens de leur propre vie, trouver des raisons de vivre dans la joie et sans désespoir, parce que le bonheur éternel du Paradis nous attend. Le catholique doit savoir répondre : il doit savoir donner une réponse à celui qui lui demande la raison de sa foi. Pour cela, il faut, en premier lieu, connaître comment se manifeste la négation de Dieu, l'athéisme, pour le débouter, découvrir ses points faibles, mettre à jour ses contradictions et contribuer à la conversion de l'incroyant.



I. L’athéisme
II. L’agnosticisme
III. L’indifférentisme
IV. L’impiété
V. Les causes de l'athéisme




Pistes de réflexion


- Savez-vous qu'il existe diverses formes d'athéisme ? Sachez bien les connaître pour mieux savoir les affronter.


- Savez-vous que l'athéisme est un phénomène social de l'époque moderne ? Sachez qu’aujourd'hui, à l'époque post-industrielle, il est en régression mais qu’apparaissent de nouvelles religions.

- Savez-vous que pour un catholique, la lutte contre l'athéisme est un devoir qui découle du premier commandement : "Je suis le Seigneur ton Dieu : tu n'auras pas d'autre Dieu que moi". Pensez que le catholique est un apôtre, un conquérant d'âmes et, parmi ses obligations, la tâche de convertir ceux qui se déclarent athées ne peut pas être absente.




Mots clés


Athéisme - Agnosticisme- Indifférentisme - Impiété




I. L'athéisme

1. Devant se préparer au combat culturel, dans le but de mettre en relief le caractère rationnel de la paix pour contribuer à la conversion des incroyants et défendre cette foi contre les attaques de tous ceux qui la contestent, le catholique doit au moins connaître les notions les plus élémentaires de l'athéisme.

2. Athéisme (a-theos = sans Dieu) signifie négation de Dieu, pour cela, est athée celui qui affirme que Dieu n'existe pas.

3. Il convient de rappeler que l'athéisme n'est devenu un phénomène de masse qu'à l'époque moderne, à partir de la Révolution française. Jamais, dans le passé, n'ont existé des civilisations ou des cultures athées. Certes, il y a eu des individus athées, mais leurs idées n'avaient pas d'influence sur les peuples et les nations.

4. L'athéisme, qui est né à l'époque moderne, est désormais en déclin. La société post-industrielle, où le catholique est immergé et où il réalise son œuvre d'évangélisation, est en train de redécouvrir la dimension religieuse de l'être. Il y a de plus en plus de gens déçus par le matérialisme grossier et vulgaire, qui cherchent de nouvelles formes de religiosité, de nouvelles approches du divin. Voilà un fait certes positif, qu'il faut considérer attentivement pour réaliser un travail d'évangélisation fécond, bien que le catholique constate, avec anxiété, qu'il y a une multiplication explosive de nouvelles religions qui n'ont rien à voir avec la vraie foi.

5. En observant les chiffres que nous fournit le spécialiste Maxime Introvigne, nous constatons qu'il existe aujourd'hui plus de 20 000 nouvelles religions, auxquelles nous pouvons ajouter 30 000 confessions qui se considèrent comme chrétiennes.

6. Revenons à l'athéisme, parce que même s'il est en déclin, nombreuses sont les personnes qui nient l'existence de Dieu. Ce fait peut se présenter sous différentes formes ; il y en a trois principales :
- un athéisme spéculatif, théorique ou philosophique : c'est un système de pensée qui nie explicitement ou implicitement l'existence de Dieu ;
- un athéisme pratique : c'est l'attitude typique de tous ceux qui vivent en se passant complètement de Dieu, bien qu'ils ne nient pas en principe son existence ;
- un athéisme militant : c'est une négation de Dieu qui débouche sur la lutte violente contre la religion et ses représentants. A notre époque, l'exemple le plus frappant d'athéisme militant s'est incarné dans le communisme, qui a provoqué la mort de millions et de millions de croyants et la destruction d'innombrables églises et autres édifices religieux, en élevant des générations entières dans cette idéologie sans Dieu.

7. Très souvent, on rencontre des personnes qui se déclarent athées, qui nient l'existence de Dieu. Comment répond un catholique à ces formes d'athéisme ? Avant tout, toujours par la prière, en suppliant Dieu d'accorder la conversion à l'incroyant ; une prière adressée à Dieu avec la plus grande confiance, sachant que, au cours de l'histoire, on a enregistré d'innombrables conversions. Seulement dans notre siècle, pour ne citer que quelques exemples parmi les plus connus, ont abandonné l'athéisme des personnalités aussi marquantes qu'Alexandre Soljenitsine, André Frossard, Gilbert Keith Chesterton et Vittorio Messori.

8. D’autre part, le catholique doit se préparer pour répondre de façon adéquate aux diverses formes d’athéisme. A l’athéisme théorique qui n’implique qu’un petit nombre d'individus, ceux qui réfléchissent profondément, on doit s'opposer en montrant la possibilité pour la raison - donc pour la vraie philosophie - d'arriver à la certitude intellectuelle que Dieu existe. C'est ce que nous ferons dans les prochains chapitres.

9. A l'athéisme pratique, aujourd'hui assez répandu, spécialement parmi les jeunes, le catholique répond en montrant la contradiction interne qui existe entre la tendance à affirmer comme principe de base l'existence de Dieu, et le fait de ne pas en tenir compte ensuite dans la vie de tous les jours.

10. On répond par le combat courageux à l'athéisme militant, en dénonçant sans jamais se lasser, tout le mal qui en découle pour l'homme et les crimes qui ont toujours accompagné son histoire. Deux des plus grandes tragédies de notre siècle (la plus grande, au moins en ce qui concerne le nombre des victimes, est celle de l'avortement) engendrées par le national-socialisme et le communisme, constituent l'illustration évidente des fruits mortels de l'athéisme militant.

11. Comme l'athéisme militant, spécialement celui de type marxiste, bien qu'étant en déclin dans le monde entier, suscite encore un certain attrait, spécialement parmi les jeunes et les étudiants qui s'identifient à lui, souvent sans en connaître la théorie ni les principes, nous considérons opportun de lui consacrer un chapitre, pour fournir au catholique des arguments utiles à son combat culturel.


II. L'Agnosticisme

12. Est agnostique celui qui considère que la raison humaine est totalement incapable de saisir des vérités sûres à propos de Dieu et de l'âme. C'est une attitude qui aboutit fréquemment à l'athéisme pratique. Comme il est incapable avec ses seules capacités de découvrir l'existence de Dieu, cet homme vit normalement comme si Dieu n'existait pas.

13. Il faut considérer le philosophe E. Kant (1724-1804) comme fondamentalement agnostique, même s'il admettait l'existence de Dieu. Mais il soutenait que nos facultés cognitives ne peuvent rien affirmer de certain sur Dieu et sur l'âme. Est également fondamentalement agnostique la position des "pères" de la dénommée pensée nihiliste (par exemple celle de Gianni Vattimo) qui soutient que la raison est incapable d'atteindre quelque vérité sûre non seulement en ce qui concerne l'existence de Dieu, mais aussi les valeurs morales absolues.

14. L'agnosticisme est assez répandu. C'est une conviction à caractère culturel. Le catholique s'y oppose en ayant recours à la raison et en soutenant que celle-ci est capable de démontrer l'existence de Dieu.


III. L'Indifférentisme

15. L'indifférentisme religieux est l'attitude de tous ceux qui attribuent à toutes les religions la même valeur et, en pratique, finissent par n'en suivre aucune. Cela aboutit fréquemment à l'athéisme.

16. C'est une attitude très répandue de nos jours. Nous observons aussi une certaine sorte d'indifférence religieuse dans les milieux catholiques. Ici, une conception erronée de l'œcuménisme pousse un grand nombre de personnes à croire qu'être catholique, musulman, juif, bouddhiste ou hindou n'est pas essentiel pour le salut de l'homme, car il suffit de croire en Dieu. L'Église a toujours condamné cette position. En outre, celle-ci retire son sens à l'œuvre d'évangélisation qui concerne non seulement ceux qui ne croient pas, mais aussi ceux qui, bien que croyant en Dieu, ne connaissent pas la vraie religion.

17. L'indifférentisme peut être pratique, c'est le cas pour les personnes qui ne pratiquent aucune religion, ou "théorique", c'est le cas pour celles qui considèrent comme fausses, nuisibles ou inutiles toutes les religions, bien qu'elles ne nient pas l'existence de Dieu.

18. Comment le catholique répond-il à l'indifférentisme religieux ? Le catholique peut difficilement lutter en débattant sur Dieu et en montrant le caractère rationnel de la foi parce que l'indifférent ne s'occupe pas - et par conséquent cela ne l'intéresse pas- de discuter au sujet de la religion. Le combat contre l'indifférentisme doit s'engager en ayant d'abord recours aux moyens surnaturels (la prière, les sacrements, l'offrande de jeûnes et de sacrifices). Cependant, il existe peut-être une issue : si l'indifférent est intéressé par les valeurs humaines et par d'autres sujets moins essentiels (l'anthropologie, la philosophie, les sciences, etc...), on pourra essayer de commencer à discuter dans ces domaines, pour après, l'élever à la connaissance de Dieu.


IV. L’Impiété


19. L'impiété est l'attitude de celui qui ne se limite pas à nier l'existence de Dieu, mais qui va jusqu'à haïr et blasphémer le nom de Dieu.

20. Ceux qui blasphèment sont malheureusement nombreux. Mais il y en a très peu qui fassent l'éloge public du blasphème.

21. Le catholique combat l'impiété avec les moyens surnaturels (prière, sacrements, jeûnes et sacrifices) et avec le témoignage dans sa manière de vivre l'idéal chrétien, en évitant l'affrontement verbal avec l'impie, parce que fréquemment, cela lui donne une occasion de plus de blasphémer.

V. Les causes de l'athéisme

22. L'érudit Battista Mondin, dans son œuvre magistrale "Dio chi è" qui a servi de guide à notre exposé dans ce chapitre, mentionne quelques-unes des raisons pour lesquelles l'homme choisit la voie de l'athéisme.

23. Le catholique doit connaître ces raisons à fond, dans le but d'avoir en mains, les instruments nécessaires pour mener à bien le combat contre l'athéisme et pour pouvoir espérer un certain résultat dans l'œuvre de conversion de l'incroyant.

24. Certains choisissent l'athéisme parce qu'ils ne croient pas en la possibilité de concilier l'existence d'un Dieu infiniment bon et la présence du mal, surtout le malheur que subissent les innocents.

25. Le catholique sait que le mal est fondamentalement un mystère pour l'homme bien que le croyant reçoive de la foi des réponses éclairantes (après la Croix vient la Résurrection ; une bonne part du mal qui sévit dans le monde est la conséquence du péché ; il y a la part du démon, etc...) et de la saine philosophie des réponses partiellement satisfaisantes. Mais il sait distinguer le mal qui est mystère (par exemple la souffrance des innocents), du mal qui est provoqué par la perversité humaine (par exemple les guerres, la faim, la pauvreté en général et beaucoup des souffrances que subissent les innocents), mal qu'on impute trop facilement à l'indifférence de Dieu au destin de l'homme.

26. D'autres choisissent l'athéisme parce qu'ils ne savent pas concilier l'existence de Dieu avec la liberté de l'homme. Si Dieu existe, affirment-ils, l'homme n'est pas libre, et pour cela, ils préfèrent éliminer l'éventualité de l'existence de Dieu. A ceux-ci, on répond en montrant par des exemples ce qu'est la vraie liberté, et en expliquant qu'elle est un don de ce Dieu qu'ils veulent nier. Dans ce but, le catholique pourra se servir de l'encyclique Veritatis Splendor de Jean-Paul II qui offre d'amples arguments à l'appui de cette thèse.

27. D'autres invoquent à l'appui de leur athéisme, le "mauvais exemple" des catholiques et de l'Église. Dans ce cas, les catholiques qui ne dédaignent pas le combat culturel pour affirmer la vérité, après un sérieux examen de conscience et le ferme propos de ne plus pécher, doivent avoir le courage de démasquer les contresens historiques que met en avant la culture laïciste de notre époque et de demander des comptes à ceux qui les attaquent à cause de leurs œuvres.

28. C'est exactement ce que suggère de faire un agnostique honnête, Léon Moulin. Voici ce qu'il déclare et que les catholiques devraient apprendre par cœur : "Prêtez-moi l'oreille, à moi, vieil incroyant bien au fait de ces questions : la suprême habileté de la propagande anti-chrétienne est d'avoir réussi à créer chez les chrétiens, chez les catholiques surtout, une mauvaise conscience, à leur insuffler le doute quand ce n'est pas la honte, au sujet de leur histoire. A force d'insister, depuis la Réforme jusqu'à nos jours, on a réussi à vous convaincre que vous étiez responsables de tous les maux du monde - ou presque tous. On vous a paralysé dans une autocritique masochiste pour neutraliser les critiques à l'encontre de ceux qui ont pris votre place. Féministes, homosexuels, tiers-mondistes, porte-parole de toutes les minorités, contestataires et mécontents de tous poils, scientifiques, humanistes, philosophes, écologistes, biologistes, moralistes laïcs : ils vous ont tous présenté la note, souvent falsifiée, sans presque jamais laisser place à la contestation".

"Peu importe, il n'y a pas d'erreur ou de souffrance dans l'histoire qui ne nous ait été imputée. Et vous, souvent tellement ignorants de votre passé, vous avez fini par le croire, peut-être pour leur donner raison. Par contre moi, (agnostique, mais historien qui essaie d'être objectif), je vous dis que vous devez réagir, au nom de la vérité. Souvent, effet, ce n'est pas vrai. Et si parfois, il y a une part de vérité dans ce que prétendent vos détracteurs, il est vrai aussi, que, dans un bilan de vingt siècles de christianisme, les lumières l'emportent très largement sur les ombres. En outre, pourquoi ne demandez-vous pas des comptes, vous aussi, à ceux qui vous en demandent ? Les résultats de ce qu'ils ont fait, auraient-ils donc été meilleurs que les vôtres ? Quels gourous prétendument inspirés écoutez-vous, bourrés de complexes ? » (Cité par Vittorio Messori, pensare la storia).

29. Certains en arrivent à l'athéisme parce qu'ils sont convaincus que la science et le progrès technique ont fini par éliminer les superstitions religieuses. Grâce aux conquêtes de la science, l'homme désormais ne craint plus la nature ; il ne la divinise plus comme c'était le cas dans le passé, mais il en est devenu le maître. L'homme aurait découvert de cette façon que dans la nature, il n'y a aucune trace de Dieu mais seulement des lois qui la gouvernent et sont tout à fait accessibles à la raison humaine.

30. Le catholique répond en invitant ceux qui défendent ces thèses, désormais obsolètes, à se mettre à la page. D'une part, l'actualité nous apprend que c'est précisément dans les pays les plus développés du point de vue scientifique et technique que l'on assiste aujourd'hui à une multiplication explosive de nouvelles religions, signe que le besoin de Dieu est quelque chose d'inné dans la nature
humaine, y compris chez l'homme qui a grandi avec la civilisation technique. D'autre part, la science moderne elle-même, tout en continuant ses recherches sur la nature et en enrichissant son stock de connaissances, y découvre un ordre et une finalité, qu'elle n'arrive pas à expliquer avec les seules connaissances scientifiques, mais qui, renvoient au contraire à Dieu comme étant leur auteur. C'est précisément de ce sujet que nous parlerons dans un autre chapitre.

31. D'autres en arrivent à l'athéisme à cause de leur bien-être matériel qui les pousse à oublier Dieu et à se soucier seulement de leurs intérêts égoïstes. D'un point de vue intellectuel, cet athéisme n'inspire aucune estime. A tous ceux-ci, le catholique saura expliquer les raisons de sa foi.

32. D'autres, enfin, prennent le chemin de l'athéisme, parce que, consciemment ou inconsciemment, ils veulent fuir les responsabilités qui découlent de la reconnaissance de l'existence de Dieu. C'est une attitude mesquine, que l'on domine par la pratique de la vertu et en surmontant ses craintes personnelles. A ceux-ci également, le catholique devra démontrer les raisons de sa foi, par un travail nécessaire d'évangélisation







Recommander ce site à un ami | S’inscrire aux services en ligne | Nous écrire | Mettre en page d'accueil | Ajouter aux favoris

L’association Sacerdos est la branche française de l’Institut Sacerdos de Rome

Statistiques