retour accueil

Il est vivant parmi nous aujourd'hui !

Chapitre 5

L'existence de Dieu : prémisses obligatoires


Il y a encore des athées, même s'il y en a moins qu'autrefois. Les catholiques ont à les fréquenter dans les milieux où ils vivent, où ils étudient, où ils travaillent. Il arrive parfois, dans le milieu scolaire, que des professeurs qui se déclarent athées arrivent à convaincre leurs élèves, non prévenus et non préparés, du caractère intrinsèquement bon et logique de l'athéisme. Les étudiants catholiques, bien souvent peu préparés, tout comme leurs condisciples, ne savent pas opposer des arguments susceptibles de démasquer les erreurs de l'athéisme. Les athées, comme on le sait, nient l'existence de Dieu et n'attribuent aucune valeur aux témoignages que fournit l'Écriture Sainte, la Tradition et l'enseignement de l'Église. Le catholique lutte par tous les moyens licites pour obtenir leur conversion. Un des moyens qui peut contribuer à ébranler les certitudes de celui qui ne croit pas, consiste à lui montrer que la raison humaine est capable d'arriver à la certitude intellectuelle que Dieu existe. Si cette démonstration réussit, toutes les "raisons" de l'athéisme s'effondrent, parce qu'elles sont totalement irrationnelles et illogiques.



I. Prémisses
II. Science et foi
III. L'existence de Dieu n'est pas évidente




Pistes de réflexion

- Savez-vous que la science n'a pas la possibilité et n'est pas habilitée à donner le dernier mot sur l'existence de Dieu ? Réfléchissez à cela : beaucoup de gens croient que les découvertes scientifiques ont définitivement rendu caduque l'hypothèse de l'existence de Dieu pour expliquer l'univers.

- L'existence de Dieu n'est pas évidente, mais la raison humaine peut découvrir cette existence en étudiant les empreintes que Dieu a laissées dans son œuvre, dans la création.

- Les sciences étudient le monde immanent, c'est-à-dire les choses qui se voient et qui se touchent, la religion traite de ce qui est transcendant. Réfléchissez à cela : la science et la foi n'entreront jamais en conflit parce qu'elles traitent de réalités différentes.



Mots clés

- Science - foi


I. Prémisses

1. La démonstration rationnelle de l'existence de Dieu est un sujet fondamental dans le combat culturel du catholique, et il constitue la question la plus ardue et la plus controversée de l'histoire de la pensée.

2. Nous essaierons de conduire notre démonstration de la façon la plus simple possible, tout en sachant que nous prêtons le flanc à la critique, parce que le sujet mériterait d'être traité d'une façon beaucoup plus approfondie. Cependant, nous préférons prendre le risque en ne donnant que les notions les plus élémentaires, que le catholique pourra utiliser dans son œuvre d'évangélisation.

3. Depuis, qu'a triomphé le dogme du "siècle des lumières" affirmant la toute puissance de la raison humaine, au nom de laquelle on a mené un dur combat contre la "superstition religieuse" pour libérer l'homme de la "tyrannie" de Dieu et de l'Église, la pensée qui aujourd'hui domine dans le monde de la culture a changé de perspective, a rejeté l'esprit de cette philosophie et a proclamé la faillite de la raison humaine.

4. Aujourd'hui, nous assistons au triomphe du relativisme et de la "pensée négativiste" qui considère que la raison humaine est totalement impuissante à résoudre le problème de l'existence de Dieu. La raison, selon le relativisme, n'est pas habilitée à démontrer avec certitude qu'il existe un Dieu Créateur, qui ordonne et détermine l'univers où vit l'homme. La culture catholique a toujours considéré comme vrai le contraire de cette affirmation.


II. Science et foi

5. Il faut organiser correctement la recherche qui conduit la raison humaine à affirmer que Dieu existe. Commençons par dire que la branche du savoir qui traite de l'existence de Dieu et de ses preuves, est la philosophie. Seule la philosophie traite du "tout" et de "l'entier", elle seule donc, (avec la théodicée, c'est-à-dire, la défense rationnelle de l'existence de Dieu) peut légitimement faire des recherches au sujet de l'existence de Dieu.

6. Ce fait est important. Il implique que la science, quelle que soit sa spécialité, puisque par nature, elle s'occupe toujours et seulement d'une "partie", d'une partie de la réalité, n'est pas habilitée à développer un raisonnement complet sur l'existence de Dieu.

7. Sur ce sujet, le catholique doit avoir des idées très claires. Il arrive encore aujourd'hui que tel ou tel professeur, dans une discipline scientifique, enseigne à ses élèves que la science a exclu définitivement de la réalité l'hypothèse de l'existence de Dieu. Le catholique s'oppose à cette affirmation parce qu'il sait qu'aucun scientifique, en tant que tel (c'est-à-dire se basant uniquement sur ses connaissances scientifiques) ne peut fournir les critères ultimes de jugement au sujet de l'existence ou de la non-existence de Dieu. Ce n'est pas un sujet qui relève de sa compétence.

8. Cependant, on doit dire que les réponses que fournit la science à des questions de sa stricte compétence peuvent apporter une contribution importante à la résolution des problèmes que se pose le philosophe, c'est-à-dire l'homme qui réfléchit au sujet de l'existence de Dieu. Entre autres, nous consacrerons un chapitre à interroger des scientifiques, croyants et incroyants, sur cette éventualité : le hasard est-il à l'origine de tout ce qui existe ? Les réponses de ces savants, fondées sur leurs connaissances scientifiques, excluent le hasard et les catholiques doivent les utiliser dans leur combat culturel en faveur de la démonstration rationnelle de l'existence de Dieu.

9. Le fait que les disciplines scientifiques ne soient pas concernées directement par le problème de Dieu est confirmé par les scientifiques eux-mêmes, y compris par ceux qui se déclarent athées.

10. L'un d'entre eux, Alfred Kastler, prix Nobel de physique de 1966, à la question d'un journaliste : "Dans le domaine scientifique, les résultats de l'expérience ne justifient-ils pas de façon définitive les affirmations de l'athéisme ? Est-ce qu'ils ne postulent pas contre l'idée même de Dieu ?" répondit par un simple "Non" (Christian Chabanis "Dio esiste ? No respondo no, Mondadori).

11. Kastler également, à la question : "Mais vous n'affirmez pas l'hypothèse de l'existence de Dieu, bien que vous ne la niiez pas. En tous cas, vous vous refusez à fonder sa négation sur la connaissance scientifique ?", répond par un simple "Oui" (Ibidem).

12. Un autre scientifique, biologiste de renommée mondiale, François Jacob, dont les travaux ont été couronnés en 1965 par le prix Nobel, attribué à l'équipe de chercheurs dont il faisait partie, à cette question : "Dans quelle mesure, la discipline à laquelle vous vous consacrez pourrait-elle apporter des preuves de la non-existence de Dieu ?" répond (avec pertinence) : "Il n'est pas possible de fournir la preuve de sa non-existence. La discipline à laquelle je me consacre (la biologie) ignore totalement ce problème. C'est un problème qui ne la concerne pas" (Ibidem).

13. Claude Levy-Strauss, athée, anthropologue de réputation mondiale, à la question : "D'après vous, peut-on défendre un athéisme qui se justifie lui-même par des bases scientifiques ?" répond ainsi : "Non, je pense que non. En effet cela me paraîtrait absurde parce que cela impliquerait que la science fût capable de répondre à tous les problèmes. Et effectivement, elle ne l'est pas et ne le sera jamais" (Ibidem).

14. Que la science ait donné le coup de grâce à la foi religieuse est une idée qui rencontre de moins en moins de partisans. Un des plus grands spécialistes de physique nucléaire de notre temps, l'italien Antonio Zichichi, affirme ceci : « La culture dominante [¼] prétend faire passer pour des vérités absolues une série d'erreurs. Cette culture affirme que la "science est l'ennemie de la foi". L'antinomie science-foi est la plus grande mystification de tous les temps. La science étudie ce qui est immanent, les choses palpables. Comme l'a affirmé Galilée, ce qui est immanent n'entrera jamais en conflit avec ce qui est transcendant, avec ce qui appartient à la foi. Le monde matériel et le monde spirituel ont tous deux leur origine dans le Créateur. Les valeurs de la science ne peuvent en aucune façon se substituer à celles de la vérité révélée. Si nous vivions véritablement à l'âge de la science, cette vérité serait à la portée de tous. Mais nous vivons à l'âge des mystifications culturelles et cette vérité n'est pas encore évidente ». (extrait de Carlo Fiore, Scienza e fede, Elle Di Ci, Torino 1986).

15. Par conséquent, ni la tâche de démontrer l'existence de Dieu, ni celle de la nier n'incombent à la science. C'est la philosophie qui traite de l'existence de Dieu. Le catholique doit se fortifier dans la considération de cette vérité fondamentale et savoir s'opposer à tous ceux qui soutiennent le contraire, spécialement parmi eux, aux professeurs de disciplines scientifiques.


III. Dieu n'est pas évident

16. Pourquoi doit-on démontrer l'existence de Dieu ? Pour une raison très simple : Dieu n'est pas immédiatement évident. S'Il était immédiatement évident, nous serions tous croyants. Nous n'aurions pas à exercer notre raison sur le problème de l'existence de Dieu ; nous n'aurions qu'à nous limiter à la constater, à la reconnaître.

17. Nous ferons une autre précision, peut-être subtile, mais nécessaire pour bien organiser notre recherche.

18. Pour celui qui nie l'existence de Dieu, le mot "Dieu" lui-même n'a probablement aucun sens, pas plus que le mot "abracadabrant". Cela veut dire que, selon une logique rigoureuse, nous ne pouvons pas partir de la question : "Dieu existe-t-il ?" parce que pour l'incroyant, elle est peut-être équivalente à la question "abracadabrant existe-t-il ?" Ainsi, c'est donc une question dépourvue de sens.

19. Pour convaincre celui qui ne croit pas à l'existence de Dieu du manque de fondement de ses certitudes, pour démontrer que Dieu existe, il faudra prendre un autre chemin, qui part de ce que croyants et incroyants peuvent avoir de commun : ce qui existe. Le point de départ commun aux croyants et aux incroyants est donné par ce qui se voit, donc ce qui est évident, ce qui est palpable.

20. En face de ce qui existe, on peut se poser une question : la réalité qui m'entoure, dont je fais l'expérience, qui est immédiatement évidente pour tous, et pas seulement pour moi, est-ce l'unique réalité qui existe ou y a-t-il quelque chose d'autre ? Voilà une question que tout homme, même celui qui ne croit pas en Dieu, se pose naturellement à cause de son intelligence, c'est à partir de cette question que commence la recherche de la raison sur l'existence de Dieu.

21. Si la réalité qui existe s'offre à notre observation avec les caractéristiques d'une trace, d'une empreinte que quelqu'un a laissée, si elle ne s'explique pas et ne se justifie pas par elle-même, elle renvoie à autre chose qui n'est pas immédiatement évident (comme une empreinte marquée sur le sable renvoie à la personne qui y est passée et l'a laissée) et ce n'est que dans ce cas qu'il est possible de formuler cette question : "Quelle caractéristique doit nécessairement avoir celui qui a laissé l'empreinte que nous voyons ?"


22. Si l'on découvre, en répondant à cette seconde question avec notre raison, que l'auteur de cette empreinte doit nécessairement posséder les caractéristiques qu'on attribue normalement à Dieu, alors nous pourrons affirmer avec la raison que Dieu existe.

23. L'étude attentive du monde qui nous entoure, nous amène à observer de nombreuses empreintes qui renvoient à la présence de Dieu. Pour simplifier le plus possible ce travail, nous porterons notre attention sur les deux empreintes les plus évidentes : la finalité présente dans la nature et l'ordre présent dans l'univers. Nous verrons que ces empreintes nous conduiront à Dieu.

24. Nous parcourons ce chemin avec l'aide de la raison seule. Nous n'aurons recours ni à la foi, ni à l'Église. En effet, nos interlocuteurs, dans le cas présent les incroyants, n'accordent aucune valeur à la révélation divine, pas plus, par voie de conséquence, qu'à la Sainte Écriture ou à l'Église.

25. Comme, dans la démonstration de l'existence de Dieu, nous n'allons reconnaître que l'autorité de la raison naturelle, le chemin qui conduit à la démonstration de l'existence de Dieu peut être parcouru par tout homme, même par l'incroyant.


Recommander ce site à un ami | S’inscrire aux services en ligne | Nous écrire | Mettre en page d'accueil | Ajouter aux favoris

L’association Sacerdos est la branche française de l’Institut Sacerdos de Rome

Statistiques