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Chapitre 9

L’existence historique de Jésus-Christ


Le christianisme est une religion fondée sur un fait historique vérifiable : l’existence de Jésus-Christ qui s’est présenté en se déclarant « Fils de Dieu » et, donc, Dieu lui-même. Il démontra la véracité de ses affirmations en réalisant des miracles que Dieu seul avait le pouvoir de faire. Le christianisme, se basant sur ces faits historiques, se présente comme l’unique et la véritable religion et demande l’adhésion totale de chaque homme. Celui qui ne croit pas en Dieu, ou qui y croit sans être chrétien, pourra s’interroger en face des convictions du catholique. Il faut donc centrer notre attention sur le christianisme, en commençant par l’existence historique de son fondateur. Jésus-Christ a-t-il réellement existé ?



I. Prémisses
II. Documents historiques





Pistes de réflexion

- Le christianisme trouve son origine en une personne qui a réellement existé : Jésus de Nazareth. Remarquez que l’existence historique du Christ est un fait sur lequel on peut se documenter.

- Si le Christ n’était pas véritablement né, mort et ressuscité la foi serait vaine. Remarquez que toutes les vérités du christianisme, sans un fondement de crédibilité historique, donné par l’existence réelle du Christ, seraient totalement vaines.

- Si le Christ n’avait pas réellement existé, le christianisme serait une invention humaine, belle si on veut, mais toujours humaine. Réfléchissez sur le fait que la vérification des preuves historiques de l’existence du Christ est fondamentale pour la crédibilité de la foi catholique.



Mots clés

Existence historique du Christ



I. Prémisses

1. Le christianisme nous apprend que son fondateur, Jésus-Christ, mourut pour sauver toute l’humanité d’un danger mortel irrémédiable, l’enfer, auquel nous étions tous destinés après le péché d’Adam et Ève. D’autre part, le christianisme dit que Jésus-Christ fut assassiné, crucifié, mais qu’ensuite il ressuscita et revint à la vie. L’homme également – selon le christianisme – ressuscitera et il lui faudra faire face à un jugement divin afin de participer à la joie ou au désespoir éternel.

2. Le christianisme demande à chaque homme une totale adhésion à ces vérités-là ainsi qu’à d’autres vérités également révélées. Or, il peut arriver que quelqu’un, avant de donner son assentiment, surtout si cela implique un changement radical dans sa vie et sa façon de penser, veuille s’assurer de la garantie des faits auxquels il est invité à donner raison.

3. Si cela arrivait, et cela peut arriver, le catholique qui agit pour la conversion de celui qui ne croit pas, ou de celui qui croit mais sans être chrétien, doit être préparé. Il est donc utile de s’assurer que les faits que raconte le christianisme, en commençant par l’existence historique de Jésus-Christ, sont dignes de foi.. Nous devons aussi vérifier la consistance historique des Évangiles, enquêtant sur leur authenticité, leur intégrité et leur véracité.

4. Déclarons immédiatement les limites de notre recherche : nous désirons reconnaître une autorité à la seule raison humaine, donc aux résultats de la recherche historique. Nous n’interrogerons pas la sainte Écriture, ni l’enseignement de l’Église, parce que celui qui ne croit pas, ou qui n’est pas chrétien, n’est pas prêt à les reconnaître comme sources autorisées.

5. Il en ressort que, pour montrer la crédibilité du christianisme, nous traiterons les Évangiles comme des documents ordinaires dont la valeur historique devra encore être vérifiée. Et, pour se montrer dignes de foi, ils doivent répondre positivement à toute interrogation. Nous n’affirmerons pas non plus comme certain que Jésus-Christ ait réellement existé et ni qu’il y a deux mille ans ce fils de charpentier ait réellement vu le jour en Palestine. Nous aurons besoin de la confirmation des documents historiques.

6. Évidemment, les chrétiens n’ont aucun doute au sujet de l’existence historique de Jésus, mais cette certitude est-elle partagée par celui qui ne croit pas en Dieu ? On dira que la sainte Écriture est beaucoup plus explicite là-dessus et nous ne manquerons pas de l’interroger au sujet de Jésus-Christ, mais pour celui qui ne croit pas, il faut pouvoir approcher, connaître et examiner d’autres documents historiques ; documents qui ne viennent pas, par exemple, du milieu chrétien et qui, pour autant, ne pourront pas être soupçonnés de partialité.

7. Le catholique pourra utilement rappeler à celui qui ne croit pas que jusqu’au XVIIIe, personne, pas même ceux qui étaient les plus farouches ennemis de la religion chrétienne, n’aurait eu l’idée de nier l’existence historique de Jésus. Mais nous vivons au XXe siècle et nous ne devons pas oublier qu’en des temps récents, certains ont affirmé que l’existence du Christ était purement mythologique, fantastique et inventée. La Grande Encyclopédie Soviétique, par exemple, tenait cette position. Certains autres intellectuels, se comportaient de la même façon, tel l’italien Umberto Galimberti qui, en différents articles publiés dans des journaux italiens comparait Jésus-Christ au personnage mythologique de Mithra.

8. En vérité, aujourd’hui, les choses ont profondément changé et la chute du mur de Berlin, symbole de la honte de notre siècle, a emporté avec elle les certitudes de l’Encyclopédie citée plus haut. En effet, grâce à une documentation de plus en plus importante et riche, aujourd’hui n’importe quel chercheur digne de ce nom, indépendamment de la foi à laquelle il appartient, ou qui se dit tout simplement athée, nierait que l’existence historique de Jésus ne soit pas abondamment documentée.


II. Documents historiques

9. Si nous prenons au sérieux un ex-collecteur d’impôts (Matthieu), un médecin (Luc), un jeune qui pendant quelques temps fut le secrétaire de l’apôtre Pierre (Marc) et un vieillard qui fut l’un des rares à entendre les paroles de Jésus sur la croix (Jean), et qui ont tous vécu en Palestine au cours du premier siècle, on peut considérer que l’existence de Jésus de Nazareth est un fait totalement vérifié au point de vue de l’histoire.

10. Les quatre témoins ont mis par écrit le rappel de tout ce qui est arrivé il y a deux mille ans, nous laissant ainsi ces preuves si importantes à propos de l’existence de Jésus. Mais jusqu’à maintenant, nous n’avons pas encore examiné la valeur historique de ces documents et donc, nous devons, au moins pour l’instant, les mettre de côté.

11. Les autres références à la personne de Jésus sont très rares, au moins pour les premiers siècles. Le monde romain l’ignorait pratiquement, le peuple juif, s’il en parle parfois, c’est en le dépréciant et en l’offensant même si, le plus souvent, il ne s’est pas occupé de lui.

12. Le manque d’information provenant des ambiances non chrétiennes ne doit pas nous préoccuper et elle est parfaitement compréhensible. A cette époque, personne ne pouvait se douter de l’incroyable développement qu’atteindrait le christianisme. D’autre part, la fin dépourvue de gloire de son fondateur, crucifié à cause de l’infâme accusation d’être blasphémateur en se faisant l’égal de Dieu, ne suscitait certainement pas l’intérêt des historiens païens de l’époque.
13. Cependant les chroniqueurs de l’Empire, dont les œuvres ont été conservées jusqu’à nos jours, même si ce n’est souvent que par allusion et souvent dans une intention sans bienveillante, parlent eu peu du Christ et des chrétiens. Leurs souvenirs sont peu nombreux et parfois superficiels, signe de ce qu’ils ne connaissaient pas bien ce nouveau personnage ; cependant, ils méritent la plus grande attention.

14. Nous trouvons une première trace avec Flavius Joseph, historien juif né à Jérusalem aux environs des années 37/39 après JC. Chef de la révolte contre Rome en 66, vaincu, il décida de passer à l’ennemi devenant le fidèle serviteur du commandant romain Vespasien, futur empereur. Flavius Joseph connaît bien les faits dont il parle, pour les avoir vécus personnellement. Les chercheurs le considèrent comme un historien très fiable.

15. A la fin du premier siècle, il écrit « Les Antiquités juives » où nous trouvons trois références à Jésus et aux chrétiens :
- La première se rapporte à la mort très digne de Jean Baptiste (Antiquités juives, XVIII, 116-119).
- La seconde informe de la mort de saint Jacques que Flavius Joseph qualifie de « frère de Jésus, que l’on appelle Christ » (Idem, XX, 200).
- La troisième, la plus connue, est le « Testimonium Flavianum ».

16. Citons le Testimonium Flavianum, parce qu’il est très important pour notre exposé : Donc, à cette époque, vivait Jésus, un homme sage, puisqu’il faut l’appeler homme : en effet, il accomplissait des œuvres extraordinaires, maître des hommes qui accueillaient la vérité avec plaisir. Il attira à lui beaucoup de juifs et beaucoup de grecs également. Celui-ci était le Christ. Et on sait que Pilate, sur une dénonciation des notables de notre communauté l’a châtié par la croix, ceux qui l’avaient aimé dès le début ne cessèrent pas d’exister. Il leur est apparu, en effet, le troisième jour, vivant de nouveau, ce que les divins prophètes avaient annoncé ainsi que mille autres choses admirables le concernant. Et jusqu’à maintenant, la communauté de ceux qu’on appelle chrétiens n’a pas disparue. (Antiquités juives, XVIII, 63-64).

17. Comme il ressort de ce témoignage, Flavius Joseph, à la fin du premier siècle, avait eu connaissance, non seulement de l’existence de Jésus mais aussi de ses pouvoirs, de sa fonction messianique et de l’extraordinaire événement que l’on connaissait sous le nom de résurrection des morts.

18. En réalité, tout cela est apparu excessif à de nombreux chercheurs, ceux qui n’appréciaient pas non plus le ton élogieux pour parler du Nazaréen. Certains chercheurs ont donc considéré que ce passage avait été modifié par une main chrétienne inconnue avant d’arriver à Eusèbe de Césarée, le grand historien de l’Église du IVe siècle, qui en parle dans sa fameuse Histoire Ecclésiastique (I, II).

19. En tout cas, même en éliminant du texte tous les tons d’éloge et d’apologie, le fait demeure que Flavius Joseph a entendu parler de Jésus et des chrétiens, et que, en tant qu’historien, il les décrit sans douter de leur existence.

20. Il y a quelques années un chercheur juif découvrit un texte qui est très probablement la version originale du Testimonium Flavanium. Nous le savons par Vittorio Messori : « En 1971, le professeur Shlomo Pines, de l’Université Juive de Jérusalem, fit une découverte peut-être décisive, comme le dit le titre de son article du 14 février 1972, dans le périodique International Herald Tribune : « Les juifs ont la preuve de l’existence de Jésus ». En effet, le professeur Pines fut le premier à remarquer qu’il y avait une autre version du texte sur le Christ des Antiquités juives, différente de celle que les éditions classiques regardent comme retouchée. Cette version est contenue dans une œuvre arabe du Xe siècle, l’Histoire Universelle de Agapito, Évêque de Hiérapolis en Syrie. Agapito cite le Testimonuim Flavinium sans cette expression de foi qui font que les chercheurs le refusent. Donc, observe Pines, il semble incroyable qu’un évêque chrétien ait minimisé le texte de Flavius Joseph, en retirant (s’ils existaient) les mots adulateurs au sujet de Jésus. D’autre part, divers témoignages des auteurs anciens, (Origène, Michel le Syriaque), semblent confirmer que le professeur juif ait en même temps découvert l’original du témoignage de Flavius. S’il en est ainsi, dit Pines, « nous avons ici le témoignage écrit le plus ancien, d’origine non chrétienne, qui se réfère à Jésus ».

21. Voici le passage de Flavius Joseph tel que le cite Agapito, dans la version de l’Université juive de Jérusalem :
« A cette époque vivait un sage nommé Jésus. Il se conduisait bien et on l’estimait pour ses vertus. Nombreux furent ceux qui, parmi les juifs et les autres nations, devinrent ses disciples. Pilate l’a condamné à être crucifié et à mourir. Mais ceux qui étaient devenus ses disciples ne cessèrent de suivre ses enseignements. Ils racontèrent qu’il leur était apparu trois jours après sa crucifixion et qu’il était vivant. Peut-être était-ce le Messie dont les prophètes avaient prédit tant de merveilles. » (Vittoro Messori, Hypothèses sur Jésus.)

22. De cette version, expurgée des modifications de la main chrétienne inconnue, il semble aussi évident que Flavius Joseph ne remettait pas en cause l’existence réelle de Jésus. Le fait est d’importance fondamentale parce qu’il est offert par un historien non chrétien et provient d’un milieu qui, s’il était certain de l’existence du Christ, n’accueillait pas son message : c’est donc un milieu qui était indifférent.

23. Ce témoignage marque un point en faveur de la réalité de l’existence historique du Christ. Voyons s’il y en a d’autres.

24. Vingt ans plus tard, vers l’année 112 ap. JC, le Gouverneur Pline le Jeune, écrivait une lettre à l'Empereur Trajan. Il n’y parlait pas de Jésus, mais il y faisait allusions aux chrétiens qui, en Bithynie, (Turquie), région placée sous son autorité, avaient « l’habitude de se réunir avant la levée du soleil, pour chanter un verset au Christ, comme à un Dieu » (Epist. X, 96).

25. Pline le Jeune demandait conseil à l’empereur sur la conduite à tenir en face des chrétiens. Il savait que, selon la loi, on devait les condamner en les accusant d’impiété parce qu’ils ne croyaient pas à la religion officielle de l’empire et manquaient de respect à l’empereur.

26. Il dénonçait, d’autre part, une présence importante de chrétiens dans les villes et les campagnes, mais considérait leurs réunions inoffensives et savait que grâce à un serment, ils s’obligeaient à ne pas voler, à ne pas commettre d’adultère, à rendre les emprunts et à ne pas trahir la foi.

27. La lettre de Pline le Jeune à l’empereur Trajan « est le plus ancien témoignage sur les assemblées liturgiques des premiers chrétiens et sur l’Eucharistie » (Marta Sordi, I cristiani e l’impero romano, Jaka Book, Milano 1984, p 67)

28. La réponse de Trajan ne se fait pas attendre et nous la connaissons et nous avons ainsi entre les mains « le plus ancien document officiel sur les relations entre le christianisme et l’État Romain » (Marta Sordi, Op Cité p 67). L’empereur demande qu’on ne recherche pas les chrétiens et qu’on ne les poursuive que si quelqu’un les dénonce, et s’il ne s’agit pas d’une dénonciation anonyme ; à moins que, sacrifiant aux dieux de l’empire, ils renient leur foi.

29. La lettre de Pline impose une réflexion : pendant les premières années du IIe siècle, il y avait des chrétiens qui se réunissaient pour célébrer le Christ comme Dieu. Si l’existence de Jésus avait été une invention mythologique, elle serait remontée au moins jusqu’au Ier siècle, par conséquent à une époque assez proche de celle de la vie de Jésus à Nazareth : où de nombreux témoins capables de démasquer la dangereuse erreur auraient pu se révolter.

30. Cependant, nous ne savons rien de cela et Pline ne fait pas non plus référence à cette supposée invention, au contraire, il donne pour certain ce qui, en son temps était accepté sans objections : ce Jésus avait effectivement existé quelques années plus tôt.

31. Nous devons ici enregistrer un second point en faveur de l’historicité argumentée à propos de l’existence du Christ alors que les contradicteurs ont toujours un compteur à zéro.

32. Cinq années après les faits rappelés antérieurement, en 117, l’historien Tacite écrivait en ses Annales que Néron, pour éviter de voir les soupçons se porter sur lui après l’incendie de Rome qui se produisit en 64 ap. JC, les présenta comme coupables et condamna à des supplices raffinés ceux que le vulgaire, les haïssant à cause de leurs délits, appelait chrétiens. L’auteur de cette dénomination, Christ, sous l’empereur Tibère, (empereur de 14 à 37 ap ; JC.) avait été condamné au supplice par le Procurateur Ponce Pilate ; mais, pour l’instant réprimée, la pernicieuse superstition rejaillissait de nouveau, non seulement en Judée, origine de ce mal, mais aussi dans la Ville, où de tous côtés arrivent toutes les choses atroces et honteuses » (Annales XV, 44).

33. Comme il est facile de le noter, Tacite avait une opinion péjorative vis-à-vis des chrétiens et de leur religion ; son attitude est nettement hostile. Mais cela n’est pas suffisant pour le pousser à accuser les chrétiens d’avoir inventé l’existence du Christ. Et même, rien de tel dans cette accusation : si on la lui avait présentée, il s’en serait servi pour discréditer définitivement cette « préjudiciable superstition ».

34. Mais Tacite nous rapporte également un fait très important : Selon lui, en tant qu’historien, au cours de l’année 64 à Rome, il y avait des gens qui se dénommaient chrétiens, disciples du Christ qui était mort il y avait à peu près 30 ans. Personne ne nous empêche de penser que quelqu’un de la communauté romaine, avant de venir de Palestine jusqu’à Rome, avait personnellement connu Jésus. Ceci est, entre autres, le cas de Simon Pierre. Mais il est intéressant de souligner que si l’existence du Christ avait été inventée, quelqu’un à Rome aurait certainement contesté et l’écho de cette fausse information serait arrivé jusqu’à Tacite. Cependant, de façon significative, il ne nous donne aucune information au sujet de telles contestations.

35. Nous marquons un troisième point en faveur de l’existence de Jésus, mais notre recherche n’est pas encore arrivée à sa fin.

36. L’historien Suétone, aux environs des années 120, nous laisse une indication précise sur les chrétiens, qui, selon son opinion et comme l’avait observé Tacite, furent, sous Néron, « soumis à des supplices (…), sorte d’hommes d’une superstition nouvelle et maléfique » (Nero, 16).

37. Le jugement de Suétone au sujet des chrétiens est fortement négatif et s’exprime de façon méprisante. Il aurait été en situation très favorable pour démasquer sa « superstition nouvelle et maléfique » s’il avait su qu’elle était fondée sur un personnage mythologique qui n’avait jamais existé. Cependant, ici non plus, nous ne trouvons ce genre d’accusations.

38. Et non seulement cela. Il nous confirme que sous l’Empereur Claude, (empereur de 41 à 54), prédécesseur de Néron, « les juifs qui, sous l’influence de Cresto, provoquaient des agitations, furent expulsés de Rome » (Claudius 25). Très probablement, l’expulsion que mentionne Suétone se produisit entre les années 49 et 50 ap. JC. Toutes les études concordent pour considérer que ce « Cresto » est « Christ » et que Suétone, connaissant très peu les chrétiens, croyait qu’il se trouvait à Rome.

39. Mais il y a un fait qui nous intéresse : moins de 20 ans après la mort du Christ, à Rome, il y avait déjà une communauté de disciples. Il y avait certainement eu assez de temps pour inventer l’existence d’un Messie sans que l’on coure le risque d’être découverts ou dénoncés.

40. Nous marquons un autre point, le quatrième, en faveur de l’existence de Jésus. Pas un témoignage historique, pas un document arrivé jusqu’à nous, issu de milieux non chrétiens, datant des premières décennies après la mort du Christ, n’oppose d’objection à l’existence du Christ.

41. Il y a quelques années on a découvert un autre document. Il s’agit d’une lettre qu’un historien syrien, appelé Mara Bar Sarapion, adresse à son fils, dans les années 73 ap. JC. Dans cette lettre, il rappelle que les juifs avaient donné la mort à un « sage roi », d’où la référence à Jésus qui, sans être nommé, est claire ment évoqué.

42. Les adversaires acharnés du christianisme ne font pas non plus d’objection à l’existence de Jésus. Parmi eux, on peut parler d’un philosophe du nom de Celse qui vivait au IIe siècle, auteur d’écrits polémiques contre la nouvelle religion. Ce que nous savons de lui nous vient d’Origène qui écrivit un livre contre lui pour le confondre (Contra Celsum).

43. Entre les années 178 et 180, Celse a commencé un écrit, publié peut-être en deux livres, fortement polémique au sujet du christianisme. Celse montre qu’il connaissait bien la Bible et la littérature chrétienne apologétique des premiers siècles. Se référant aux chrétiens, il est très direct : il les accuse d’ignorance, de fanatisme et de superstition. Il accuse Jésus d’être un charlatan qui possédait des pouvoirs magiques expliquant les miracles qu’on lui attribuait.

44. Par son agressivité verbale, Celse peut être considéré comme le Voltaire du IIe siècle. Cependant et nonobstant cette aversion, il n’a jamais remis en cause l’existence de Jésus.

45. Pour attaquer les chrétiens, Celse se sert de tous les arguments qu’il a à sa disposition, sauf du seul qui aurait eu la valeur définitive : que l’existence du Christ ait été inventée. Ce fait qui s’ajoute aux autres, doit être mis à son juste niveau.

46. Nous sommes arrivés à la fin de ce chapitre. Aucun catholique ne peut douter de ce que le catholicisme soit une religion fondée par un personnage qui a réellement existé. La plus grande partie des œuvres et des témoignages historiques sur la vie de Jésus se trouve en quatre petits livres, les Évangiles. C’est sur eux que doit maintenant porter notre attention pour les soumettre à quelques questions vérifiant s’ils méritent d’être considérés comme d’authentiques documents historiques. C’est ce que nous ferons au cours des prochains chapitres.
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