Le catholique sait que notre Sainte Mère l’Église a tenu et tient fermement et avec la plus grande constance, que ces quatre Évangiles, dont elle affirme sans hésiter l’historicité, transmettent fidèlement ce que Jésus, le Fils de Dieu, durant sa vie parmi les hommes, a réellement fait et enseigné pour leur salut éternel (Dei Verbum n° 19). Dans la ligne de cette définition, tirée d’une Constitution dogmatique du Concile de Vatican II, le catholique est sûr que les Évangiles sont des documents historiques authentiques et qu’ils exposent des faits qui se sont réellement produits. Mais pour convaincre celui qui ne croit pas de la crédibilité historique des Évangiles, le catholique peut aussi faire abstraction de l’autorité divine (donc, ne pas les considérer comme la Parole de Dieu) et de l’autorité ecclésiale en ayant recours à d’autres voies, c’est-à-dire celles qui sont données par les recherches historiques.
I. Le travail de l’historien
II. Les Évangiles sont de très anciens documents
Pistes de réflexion
- Savez-vous que les Évangiles sont de très anciens récits de la vie de Jésus de Nazareth et qu’ils remontent au Ier siècle ? Appréciez l’importance de la date pour affirmer leur crédibilité historique.
- Savez-vous que lorsque les Évangiles ont été écrits, beaucoup de témoins oculaires des faits que les Évangiles racontent au sujet de Jésus étaient encore vivants ? Mesurez à quel point le fait que la présence de témoins oculaires pouvant contester les récits évangéliques et qui ne ‘ont pas fait, renforce la crédibilité historique des Évangiles.
- Savez-vous que la foi chrétienne repose sur des faits qui ont réellement existé et qui sont inscrits dans des documents ? Pensez au fait que sans crédibilité historique, les Évangiles n’auraient aucune valeur en tant que sources de témoignage.
Mots clés Authenticité des Évangiles Papias Irénée
Origène Tertullien Codex Muratorien
I. Le travail de l’historien 1. En simplifiant beaucoup, nous pourrions dire que la discipline historique, quand elle trouve un document écrit qui rapporte des faits arrivés dans le passé, fait en général la démarche suivante :
- En premier lieu, elle vérifie son identité.
- Ensuite, elle vérifie l’intégrité de son contenu,
- Enfin, elle examine ce qui est écrit pour vérifier si cela correspond à des faits qui se sont réellement produits.
2. Donc, pour montrer à celui qui ne croit pas que les Évangiles sont des documents historiques, qui rapportent avec fidélité des faits qui se sont produits réellement, le catholique peut faire le même chemin que celui qui est indiqué par l’historien.
3. Que signifie faire une recherche approfondie sur l’authenticité des Évangiles ? Cela veut dire, en premier lieu, établir qu’ils remontent à l’époque apostolique, ou bien au premier siècle, et ensuite, qu’ils ont réellement été écrits par les auteurs auxquels on les attribue. C’est ce que nous ferons dans ce chapitre.
4. Que signifie faire des recherches sur l’intégrité des Évangiles ? Cela veut dire qu’il faut établir le fait que le contenu des Évangiles dont nous disposons aujourd’hui, ceux que nous lisons habituellement, correspond exactement aux Évangiles qui ont été écrits par Matthieu, Marc, Luc et Jean. Il sera donc nécessaire, de laver ce contenu de possibles soupçons de modifications, de mutilations et de corrections du texte évangélique d’origine. C’est ce que nous ferons dans le prochain chapitre.
5. Que signifie faire une recherche approfondie au sujet de la véracité des Évangiles ? Cela veut dire :
- D’abord, vérifier que les Évangiles ont été écrits à une époque proche des faits qu’ils racontent (ici, nous reprendrons le thème de l’authenticité des Évangiles).
- Ensuite, rechercher instamment des informations sur les auteurs, parce qu’il est important de savoir si ce sont des personnes qui méritent la confiance, qui sont compétentes en la matière et témoins convenables des faits qu’ils racontent.
- Enfin, et c’est peut-être l’aspect le plus important, établir que les faits racontés se sont réellement passés.
6. Avant d’entrer dans le noyau de la recherche que nous devons entreprendre, il faut dire que le problème relatif à la datation des Évangiles est très important. Il y a certains courants de pensée, soutenus aussi par certains théologiens et exégètes, selon lesquels, entre le Christ de l’histoire, c’est-à-dire celui qui vécut réellement, et la composition des Évangiles, il y aurait eu une période de trente à soixante dix ans.
7. Ceux qui nient toute valeur de documents historiques aux Évangiles, pensent que pendant cet important laps de temps, l’Église primitive, d’autant plus qu’elle était en pleine organisation et dans le but de gagner de nouveaux fidèles, avait divinisé la personne de Jésus, lui attribuant des paroles et des œuvres qu’en réalité, il n’avait jamais dites ou réalisées.
8. Une véritable manipulation, une authentique falsification de la vérité réalisée par l'Église primitive en rédigeant les Évangiles. Pour trouver une solution, théologiens, exégètes et chercheurs, à partir de ceux de la confession protestante, entreprirent un processus appelé « démystification », dans l’intention d’éliminer du texte des Évangiles et, donc, de la vie du Christ, toute parole ou tout épisode qui ne serait pas rationnellement admissible.
9. Au sujet de l’option entre les paroles et les faits qu’il faut conserver et ceux qu’il est nécessaire d’éliminer du texte des Évangiles, les chercheurs ont des opinions personnelles. Pour certains, des expressions comme « moi et le Père nous sommes un », sont purement inventées, parce qu’il serait impossible qu’un homme, un juif, ait prononcé ces paroles qui le font égal à Dieu. Il est également impossible qu’il ait marché sur l’eau, qu’il ait donné à manger à des milliers de personnes avec peu de pain et de poissons, qu’il ait guéri instantanément des aveugles, des sourds et des boiteux, qu’il ait ressuscité le fils de la veuve de Naïm, son ami Lazare et la fille de Jaïre, qu’il ait commandé les forces de la nature et que, après sa mort, il soit aussi ressuscité. Tout cela, selon certains « chercheurs », s’opposerait à la raison humaine. Des mains inconnues et intéressées à certaines choses plutôt que de transmettre fidèlement la vie de Jésus-Christ, auraient fait ces différents apports dans les Évangiles.
10. Actuellement, après l’analyse exhaustive qui a été faite jusqu’à maintenant, nous ne savons pas ce qui reste de la vie de Jésus qui mérite encore notre intérêt. En ce qui nous concerne, ce n’est que lorsque nos trois pistes de recherche - authenticité, intégrité, véracité – nous donneront des résultats positifs, que nous serons autorisés à juger les Évangiles comme documents historiques convenables, dignes de foi et méritant notre considération.
11. Si les Évangiles sont des documents dignes de foi, le catholique les proposera avec autorité et simplicité à celui qui ne croit pas, pour qu’il se rende compte du manque de logique de ses convictions et qu’il se dispose, avec l’aide de la grâce de Dieu, à se convertir.
II. Les Évangiles sont des documents très anciens. 12. Une tradition bimillénaire qui est arrivée jusqu’à nous sans interruption, attribue les Évangiles à quatre auteurs dont les noms sont : Matthieu, Marc, Luc et Jean qui, dit-on, vécurent au Ier siècle ap JC. Comment pouvons-nous vérifier le fondement de cette tradition ?
13. Le point de départ de notre recherche est un fait historique indiscutable dont nous avons beaucoup de témoins. Immédiatement après Jésus, le christianisme se répandit en de nombreuses et vastes régions de l’empire de Rome. C’est précisément dans cette présence étendue que demeurent de nombreuses traces, y compris archéologiques, qu’un touriste distrait voyageant en Terre Sainte ou en Asie Mineure peut facilement remarquer.
14. A Chypre, Thessalonique, Athènes, Éphèse ou Corinthe (Grèce) et en certains endroits d’Asie Mineure (Pamphylie, Pisidie, Galatie, Iconium et Colosse), Paul fonda des communautés chrétiennes qui devinrent bientôt florissantes et se dotèrent, à partir du Ier siècle, d’une certaine structure hiérarchiques et d’organisation.
15. A Jérusalem, Césarée, Antioche, Joppe (Jaffa) et Samarie, Pierre établit d’autres communautés chrétiennes. Il fut aussi probablement, le fondateur de la communauté chrétienne de Rome.
16. D’autres apôtres fondèrent des communautés en Égypte, au Cappadoce, en Arménie et autres régions d’Asie Mineure (Pont Euxin, Phrygie et Bithynie).
17. Des sources historiques non chrétiennes témoignent de la présence de très nombreuses communautés chrétiennes. Dans le chapitre précédent, nous avons rappelé la lettre de Pline le Jeune (112 ap. JC) à l’empereur Trajan, dans laquelle on peut lire : « Un grand nombre de personnes des deux sexes, de tous âges et de toutes classes sociales professent le christianisme ». Il dit aussi que cette nouvelle religion ne s’est pas seulement répandue dans les villes, mais dans les bourgades et la campagne des gens simples.
18. Ces communautés chrétiennes étaient très éloignées et étaient surtout indépendantes les unes des autres. Les disputes et les rivalités entre elles ne manquaient pas et parfois débouchaient sur des luttes de caractère doctrinal, jusqu’à en arriver même à de douloureuses séparations.
19. Mais elles ont toutes toujours été d’accord sur un fait : considérer les écrits de Matthieu, Marc, Luc et Jean comme les uniques Évangiles authentiques, réellement écrits par les quatre personnages mentionnés qui vécurent au Ier siècle.
20. C’est le premier fait qui juge en faveur de l’authenticité des Évangiles et nous devons le prendre sérieusement en considération. Mais il y en a d’autres.
21. Entre 95 et 150 ap. JC, vivait un certain Papias qui fut aussi évêque de Hiérapolis, en Asie Mineure. Papias fut disciple d’un autre grand personnage de l’Église, saint Polycarpe, Évêque de Smyrne. Saint Polycarpe fut lui-même ami et disciple de saint Jean Apôtre, l’auteur du quatrième Évangile.
22. En ses « Explications des faits du Seigneur » dont nous parle l’historien Eusèbe de Césarée (Histoire Ecclésiastique, III, 39), Papias écrit : « Le Presbytre disait : Marc qui devint l’interprète de Pierre, et écrivit avec exactitude, mais pas dans l’ordre, tout ce dont il se souvenait des paroles et des actes du Seigneur. En effet, il n’avait ni entendu ni été le disciple du Seigneur, mais plus tard, comme il le dit lui-même, il avait accompagné Pierre qui donnait des instructions selon les besoins, mais sans faire l’exposé des actions du Seigneur de façon ordonnée, de telle sorte que Marc a dû écrire certaines choses comme il s’en souvenait. Il n’avait qu’une préoccupation : ne rien omettre de ce qu’il avait entendu et ne commettre aucune erreur… Quant à Matthieu, il a relaté les faits du Seigneur en langue hébraïque et les a interprétés chacun selon sa capacité ».
23. Dans la lettre de Papias, on fait allusion à un Presbytre. Selon les recherches, il s’agit précisément de saint Jean l’apôtre, dont les paroles furent rapportées à Papias, probablement, par Polycarpe qui était disciple du quatrième évangéliste.
24. Nous nous trouvons devant un témoignage précieux, dont la source pourrait être trouvée en remontant, par l’intermédiaire de Polycarpe, jusqu’à un apôtre du Seigneur, auteur d’un Évangile. Papias ne parle que d’un Évangile de Matthieu et d’un Évangile de Marc ; il ne dit rien sur les deux autres et nous ferons de même pour l’instant. Il signale que Marc était l’interprète de Pierre et qu’il avait accompagné le Chef des Apôtres. Ainsi, Marc vivait très certainement à l’époque apostolique et son Évangile doit être daté du Ier siècle.
25. La documentation historique nous offre d’autres témoignages importants pour confirmer l’authenticité des Évangiles.
26. En 185, Irénée, Évêque de Lyon (Gaule), écrivait : « Matthieu, au milieu des juifs et en leur langue, écrivit un Évangile, à l’époque où Pierre et Paul prêchaient à Rome et y fondaient l’Église. Ainsi, après leur départ, Marc, disciple et secrétaire de Pierre, nous a transmis par écrit aussi ce que prêchait Pierre. A son tour, Luc, compagnon de Paul, composa en un livre ce que prêchait celui-ci. Enfin, Jean, le disciple du Seigneur, celui qui reposa sur sa poitrine, publia aussi un Évangile, alors qu’il se trouvait à Éphèse, en Asie… Il n’existe donc que quatre Évangiles, pas un de plus et pas un de moins. Comme il y a quatre parties du monde et quatre vents principaux (…) il est clair donc, que le Verbe nous a donné un Évangile quadrifolié, animé par un seul esprit » (Adversus Haereses, III, I, I).
27. Donc, à l’époque d’Irénée, à la fin du IIe siècle, il est prouvé que les quatre Évangiles auxquels l’Église attribue de la valeur sont ceux de Matthieu, Marc, Luc et Jean. Irénée nous donne une date pour les Évangiles qui, même imprécise, est très significative : Matthieu écrivit « au moment où Pierre et Paul prêchaient à Rome et y fondaient l'Église », donc avant 64-67 ap JC, année de leur mort. Il nous dit aussi, que Luc, auteur du troisième Évangile, était compagnon de Paul, alors que Jean, auteur du quatrième Évangile était apôtre de Jésus. Ainsi, ce sont tous des hommes qui vécurent au premier siècle et qui écrivirent certainement les Évangiles à l’époque apostolique.
28. Le témoignage d’Irénée est précieux, non seulement par l’autorité de la source, puisque ce fut un homme de profonde culture, de grand prestige et jouissant d’autorité dans l'Église primitive ; mais aussi parce qu’il connut, même très jeune encore, saint Polycarpe qui fut disciple de saint Jean.
29. Un autre témoin qui confirme l’authenticité des Évangiles est Clément d’Alexandrie (Athènes, aux environs de 150-212), dont nous avons déjà parlé quand nous avons examiné la pensée catholique au sujet de l’existence de Dieu. C’était un homme très cultivé qui avait été élevé dans le paganisme et qui connaissait parfaitement les philosophies grecques aussi bien que le Nouveau et l’Ancien Testament, puisqu’il les cite tous les deux dans ses écrits, au moins 3 500 fois.
30. En reprenant ses Hypothèses, un ensemble de huit livres de notes sur la Sainte Écriture, Eusèbe de Césarée écrivait : « En ces livres, sur la série des Évangiles, Clément expose la tradition des presbytres que voici : il dit que les Evangiles qui contiennent la généalogie de Jésus furent écrits d’abord (Matthieu et Luc)et que l’origine de celui de Marc est la suivante : Pierre ayant prêché publiquement la Parole de Dieu à Rome, et exposé l’Evangile en vertu de l’Esprit Saint, tous ceux qui étaient présents exhortèrent Marc, puisqu’il l’avait suivi depuis très longtemps et qu’il se souvenait desdites choses, pour qu’il mette par écrit les paroles prononcées. L’ayant fait, Marc distribua son Évangile à ceux qui le lui avaient demandé. Pierre, qui le sut explicitement, ne voulut ni l’empêcher ni l’encourager. Ensuite, le dernier est Jean : voyant que dans les Évangiles précédents on avait mis en évidence les choses du corps (eau qu’ad corpus Christie pertinent), poussé par ses amis, divinement poussé par l’Esprit saint, écrivit un évangile spirituel. » (Histoire Ecclésiastique, VI, 14).
31. Comme nous pouvons le remarquer, Clément d’Alexandrie confirme lui aussi le nom des évangélistes et l’époque à laquelle ils furent écrits, le Ier siècle certainement, nous donnant un ultime fait historique en faveur de leur authenticité.
32. Un autre témoin en faveur de l’authenticité des Évangiles est un disciple de Clément d’Alexandrie, son successeur à l’École d’Alexandrie à partir de 203. Nous voulons parler d’Origène, auteur d’un Commentaire de Marc, dans lequel il écrit : « Voici ce que j’ai acquis de la tradition au sujet des quatre Évangiles, qui sont les seuls admis sans controverse de la part de l’Église de Dieu. Fut écrit en premier, l’Évangile selon saint Matthieu qui était publicain et devint ensuite apôtre de Jésus-Christ. Il publia son Évangile en langue hébraïque pour les juifs convertis à la foi. Le second fut celui que composa Marc en se souvenant de tout ce qu’avait exposé Pierre… Le troisième est celui de Luc, l’Évangile que commanda Paul, écrit pour les Gentils. Le dernier est celui de Jean » (Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclésiastique, VI, 25).
33. Un autre témoignage est celui de Tertullien, auteur du Livre contre Marcion rédigé autour de l’an 200. Il écrivait : « Nous avons établi avant tout que l’instrument évangélique a pour auteurs les apôtres, auxquels le Seigneur Lui-même a confié la mission de promouvoir l’Évangile. Mais quand leurs auteurs étaient des disciples, ils ne restèrent pas isolés, mais en communion avec les Apôtres ; on aurait pu soupçonner un geste de vaine gloire dans la prédication par les disciples si elle n’avait pas été garantie par l’autorité de leurs maîtres, bien mieux, par l’autorité du Christ qui avait conféré le magistère aux Apôtres. Ainsi, parmi les Apôtres, Jean et Matthieu nous ont transmis la foi ; parmi leurs disciples, Luc et Marc l’ont renouvelée (Adversus Marcionem, IV.2)
34. Jusqu’à maintenant nous avons examiné une série de témoins très anciens, tous concordent sur l’authenticité des quatre Évangiles. Nous devons rappeler que ces témoignages viennent d’hommes possédant autorité, prestige, de grande culture, bien que très différents entre eux par leur sensibilité et leur formation. Mais ils témoignent tous du fait que l’Église primitive ne considérait comme inspirés, donc canoniques, que les Évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean qui furent écrits au premier siècle.
35. A cette série de documents, nous pouvons en ajouter un autre de grande valeur. Il s’agit du célèbre Codex muratorien, un fragment daté de la moitié du IIe siècle ap. JC, découvert par l’historien Ludovico Antonio Muratori (1672-1750) à la Bibliothèque Ambrosienne de Milan et qu’il a publié en 1742.
36. Il s’agit d’un fragment incomplet qui contient la liste des livres du Nouveau Testament, mais il manque le début et la fin. Même mutilé, il commence en affirmant : « … Le troisième Évangile est celui de Luc, médecin, compagnon de Paul… ; le quatrième est celui de Jean, un des disciples » (Enrichidium Fontium Historiae Ecclesiasticae Antiquae, nn 1566163). En réalité, avant le début que nous avons donné plus haut, il y a quelques mots qui terminent une phrase dont le début a été perdu. Les chercheurs sont d’accord pour dire qu’elle se réfère à l’Évangile de Marc. Mais pour nous, ce qui nous intéresse est de noter que le Codex muratorien énumère les Évangiles de Luc et de Jean les définissant comme « le troisième » et « le quatrième ».
37. Il n’est pas difficile de croire, en se basant même sur les autres témoignages que nous avons rappelés, que les premiers Évangiles, ceux auxquels se réfère certainement le Codex muratorien, doivent être ceux de Matthieu et de Marc.
38. Arrivés à ce point de notre recherche, une conclusion s’impose. Tous les faits historiques dont nous avons parlé, concordent pour considérer que les Évangiles furent écrits au Ier siècle et, précisément par les quatre évangélistes connus. Donc, leur authenticité est pleinement confirmée. Au siècle même où le Christ a vécu, après sa mort et sa résurrection, il y a des témoins qui ont écrit ce qu’ils avaient vu et entendu. Ce fait est d’importance extraordinaire.
39. Jusqu’à maintenant, nous avons donné les preuves que les chercheurs qualifient « d’externes » aux évangiles. Il y a aussi des preuves « internes », c’est-à-dire des preuves que nous pouvons trouver par une étude attentive du texte des Évangiles. Nous ne proposerons ici que deux d’entre elles.
40. La première. Si on fait attention à l’Église telle que la décrivent les Évangiles, elle se présente dès le début avec une « tête » (« Tu es Pierre ») et une simple échelle hiérarchique occupée par les Apôtres. Cependant, dans les Évangiles, il n’y a aucune allusion à une structure hiérarchique plus complexe qui se forme spontanément composée des évêques, des presbytres et des diacres et dont nous parlent d’autres écrits du Nouveau Testament.
41. Ce manque de hiérarchie ne s’explique que si l’on admet que les Évangiles ont été écrits avant que l’Église ne se structure complètement, donc à une époque très proche de la mort du Seigneur qui eut lieu en 30 ap. JC.
42. La seconde. Selon les Évangiles, les seuls adversaires que Jésus-Christ ait rencontrés sont les pharisiens, les sadducéens et les scribes. On ne trouve pas de référence aux terribles premiers adversaires du christianisme primitif : gnostiques, docètes, montanistes, etc. On ne trouve pas non plus, dans les Évangiles, quelle que référence que ce soit aux persécutions déchaînées périodiquement par les autorités de l’empire romain qui eurent une répercussion notable sur la vie des premières communautés chrétiennes.
43. Ce silence sur les événements qui touchèrent la vie de l'Église primitive ne s’explique que si l’on admet qu’ils furent écrits quand les hérésies et les persécutions rappelées plus haut n’avaient pas encore eu lieu : par conséquent peu de temps après le mort de Jésus de Nazareth.
44. Notre recherche sur l’authenticité des Évangiles devrait être complétée par l’examen plus approfondi de la date de leur composition. Jusque là nous avons vu qu’ils avaient été écrits au Ier siècle, mais nous pouvons être plus précis.
45. Nous parlerons de ce thème dans le chapitre consacré à la « véracité » des Évangiles. Avant, nous devons vérifier si ces documents sont arrivés jusqu’à nous intégralement, sans altérations. C’est ce que nous allons faire au cours du chapitre suivant.