retour accueil

Il est vivant parmi nous aujourd'hui !

Chapitre 11

Intégrité des Évangiles


Jusqu’à maintenant, nous avons confirmé que Jésus-Christ a réellement existé et que les quatre Évangiles ont été écrits au cours du Ier siècle pour rapporter ses paroles et ses œuvres. L’authenticité historique des Évangiles n’a constitué que le premier pas de notre recherche. Il faut en réaliser d’autres et le prochain doit répondre à cette question : « Sommes-nous sûrs que les Évangiles que nous avons, que nous entendons proclamer à l’Église ou que nous lisons personnellement, sont bien les écrits des quatre évangélistes ? ». En d’autres termes, les variations que nous rencontrons dans les nombreuses versions, attribuées parfois à des erreurs de copistes ou à leurs corrections inconsidérées, n’ont-elles pas irrémédiablement altéré les écrits authentiques des évangélistes jusqu’à ne pas savoir ce qu’ils ont réellement écrit ? Et, en conséquence qu’a dit et réellement fait Jésus-Christ ? C’est à toutes ces questions qui sont fondamentales pour prouver la crédibilité historique du christianisme, que répond la recherche sur l’intégrité des Évangiles.



I. Codex
II. Fragments






Pistes de réflexion

- Savez-vous que dès les premières années après la mort de Jésus, les premiers chrétiens ont eu la préoccupation de laisser la vie du Seigneur par écrit et que ces écrits nous sont intégralement parvenus ?

- Savez-vous qu’à part les Évangiles ou la Sainte Écriture en général, il n’existe aucune autre œuvre pour laquelle nous ayons la même certitude vis-à-vis de l’intégrité et de la fidélité au texte original ?

- Réfléchissez à l’importance que représente pour la vérité de la foi le fait de savoir qu’elle nous a été fidèlement transmise par le témoignage des Évangiles.




Mots clés

Codex Papyrus Parchemin



I. Codex

1. Pour répondre aux questions que nous venons de poser, nous devons commencer par un fait acquis sans contestation et que n’importe quel chercheur peut facilement vérifier.

2. Ce fait est celui-ci : Les Évangiles que nous possédons aujourd’hui ont des bases identiques à ceux que possédaient les communautés chrétiennes du IVe siècle après le Christ. Les chrétiens de notre temps et ceux qui vivaient sous l’empire romain à l’époque de Constantin (280-337) ont le même texte en mains.

3. Nous pouvons affirmer que de 300 ap. JC, jusqu’à aujourd’hui, il n’y eut aucune modification fondamentale du contenu du texte évangélique qui nous a été transmis. Comment pouvons-nous en être si certains ?

4. Nous devons rappeler qu’en 313, par l’Édit de Milan, l’Empereur Constantin concéda la liberté de pratiquer sa propre foi religieuse. Les chrétiens alors ne craignirent plus, comme ils l’avaient été jusqu’alors, d’être persécutés à cause de leur foi,

5. A partir de cette époque, le texte des Évangiles commença à circuler librement. Les Évangiles furent écrits sur des parchemins (peau de porc, de brebis, de mouton ou de chèvre préparée de façon à être une membrane lisse et transparente, selon une méthode découverte à Pergame et qui fut utilisé comme matériel d’écriture), et reliés sous forme de codex (livre manuscrit composé de différentes feuilles, par opposition au rouleau manuscrit et au livre imprimé). Jusqu’alors, les Évangiles avaient été copiés sur papyrus, matériel d’écriture qui avait l’avantage d’être peu coûteux mais avait le désavantage de se détériorer facilement.

6. Donc, depuis le IVe siècle, avec l’appui autorisé de l’Église, les papyrus sur lesquels la Parole de Dieu avaient été copiée furent recopiés en codex et commencèrent à circuler librement entre les nombreuses communautés chrétiennes de l’Empire romain.

7. Quelques-uns de ces codex se sont conservés et sont arrivés jusqu'’ nous en bon état. Grâce à une simple comparaison entre nos Évangiles et ceux que nous trouvons dans les codex, nous pouvons avoir la certitude, documents à l’appui, du fait que, depuis au moins dix sept siècles, l’Église lit, conserve et transmet le même texte évangélique.

8. Le codex le plus ancien que nous possédons est le codex du Vatican, du IVe siècle, écrit en trois colonnes et qui contient presque intégralement l’Ancien Testament, les quatre Évangiles et la majeure partie des lettres des Apôtres. Il est actuellement conservé à la Bibliothèque Vaticane.

9. Nous est également parvenu, le codex sinaïque, que l’on a trouvé au monastère Sainte Catherine, au pied du Mont Sinaï, dans la péninsule du même nom, en Égypte. Les chercheurs le datent des débuts du IVe siècle. Il contient tout le Nouveau Testament (donc les quatre Évangiles) et presque tout l’Ancien Testament. Il se trouve aujourd’hui au Musée Britannique de Londres.

10. Le codex d’Alexandrie qui remonte au Ve siècle, contient l’Ancien et le Nouveau Testament, bien que le texte soit incomplet. Ce document est également conservé au Musée Britannique de Londres.

11. Le codex d’Ephrem que l’on conserve à la Bibliothèque Nationale de Paris, contient les Évangiles et différentes parties de la Sainte Écriture. Ce codex a une curieuse histoire. Au Bas Moyen Âge on a gratté le texte du Nouveau Testament et le parchemin fut utilisé pour y écrire les 38 homélies de saint Ephrem le Syriaque. Malgré cela, il est encore possible de lire le vieux texte des Évangiles en l’exposant aux rayons ultraviolets.

12. Comme on peut facilement le voir, les chercheurs ont eu du matériel abondant et précieux pour évaluer l’intégrité de nos Évangiles, au moins par rapport à ceux qu’utilisait l’Église des IVe et Ve siècles. Les résultats obtenus après une simple comparaison sont aujourd’hui acceptés sans contestation : il y a totale correspondance entre eux. C’est un premier fait de valeur documentaire et historique énorme.


II. Fragments

13. A ce point de notre recherche, la plus importante des questions demeure encore : « Sommes-nous certains que les codex des IVe et Ve siècles reproduisent fidèlement les textes évangéliques écrits par Matthieu, Marc, Luc et Jean ? Ou, au contraire, avons-nous des raisons d’en douter en pensant qu’avant que les codex aient été écrits, les textes originaux furent manipulés et que les plus anciens aient été définitivement perdus ? »

14. Pour répondre à cette question décisive, nous devons nous souvenir que les évangélistes ont écrit sur des papyrus. Malheureusement le papyrus est un matériel qui se détériore et donc, ceux sur lesquels les quatre évangélistes ont écrit se perdirent et ne sont pas arrivés jusqu’à nous.

15. On sait que les textes originaux des Évangiles furent copiés un grand nombre de fois sur d’autres papyrus parce que toutes les communautés chrétiennes désiraient posséder ces écrits. Or, quelques-unes de ces innombrables copies originales sur papyrus, datées de très peu de temps après la version originale, sont arrivées jusqu’à nous. Une centaine au total, toutes fragmentées, plus ou moins complètes. Et, actuellement, on continue à chercher.

16. On a donc pu comparer les textes contenus dans ces fragments de papyrus des premiers temps avec le texte des codex des IVe et Ve siècles dont nous avons déjà parlé.

17. Le résultat est vraiment surprenant : le texte des codex correspond au texte des fragments de papyrus. Il y a quelques différences marginales, dues souvent aux erreurs des copistes et facilement identifiables.

18. Ceci permet aux chercheurs d’affirmer, avec un degré de certitude très élevé, que les codex du IVe et du Ve siècle reproduisent fidèlement les originaux.

19. Les experts n’ont plus de doute maintenant. Aujourd’hui nous possédons les textes évangéliques tels qu’ils furent écrits par les évangélistes. Pour confirmer ce fait, nous allons faire une très brève étude des fragments de papyrus des premiers siècles.

20. A la Bibliothèque John Ryland, de Manchester, se trouve un très vieux fragment d’un codex en papyrus, le Codex Ryland, daté de la première moitié du IIe siècle. Il contient quelques versets du chapitre 18 de l’Évangile de saint Jean. Certains chercheurs pensent qu’il remonte à l’époque de l’empereur Adrien (137-139), pour d’autres, à quelques années plus tôt. On l’a trouvé en Égypte en 1920.

21. En 1930, on a également trouvé en Égypte, quelques papyrus qui composèrent petit à petit la collection Chester Beatty. Il s’agit de onze codex sur papyrus dont trois contiennent d’importantes parties du Nouveau Testament. Toute la collection est aujourd’hui conservée à Dublin. On pense que ces papyrus datent du IIIe siècle.

22. Plus ancien encore est le codex qui se trouve à la Bibliothèque Bodmer, de Coligny, près de Genève. Il contient, pratiquement intacts, les quatorze premiers chapitre de l’Évangile de saint Jean (il ne manque que 24 versets) et des fragments des sept autres chapitres. Avec pertinence, on l’a daté du IIe siècle, probablement à la moitié.

23. A la collection Bodmer appartient aussi un codex de l’an 200 qui contient les Évangiles de Luc et de Jean, tous les deux avec de grandes lacunes et un autre codex, des années 200 lui aussi qui contient les lettres de Pierre et de Jude.

24. Nous n’avons parlé que quelques-uns des fragments les plus importants qui nous sont réellement parvenus depuis les siècles précédents par l’intermédiaire des codex des IV et Ve siècles. Nous avons laissé de côté les fragments les plus anciens : celui qui est connu sous le sigle 7Q5, daté de l’année 50 ap. JC, découvert à Qumran, qui ne contient que vingt lettres grecques, disposées en cinq lignes. Il contient aussi un bref passage de l’Évangile de Marc. Nous avons aussi écarté d’autres fragments que l’on conserve au Magdalen College de Oxford, datés entre 50 et 70 ap. JC. Nous reparlerons de ces derniers, dans le prochain chapitre, lorsque nous confirmerons la véracité des Évangiles.

25. Étant donné l’extraordinaire ancienneté de ces fragments, nous pouvons raisonnablement présumer que les textes des quatre Évangiles, soit dans le texte original, soit dans une copie très proche de l’original, étaient bien devant celui qui les a écrits.

26. Le fait qui nous intéresse maintenant est bien précis : tous ces fragments, en provenance de différentes localités et qui furent écrits à une époque très proche des originaux, comparés au texte des Évangiles contenu dans les codex des IVe et Ve siècles, nous permettent d’affirmer que les codex reproduisent fidèlement les textes qui leur sont antérieurs.

27. Frédéric Kenyon, un des plus prestigieux experts dans le domaine de la paléographie grecque et de la critique textuelle de la Sainte Écriture, écrivait : « Finalement, il est réconfortant de voir que le résultat de toutes ces découvertes et de toutes ces études est de confirmer la preuve de l’authenticité de l’Écriture et de notre conviction d’avoir en mains, en son intégrité substantielle, la véritable parole de Dieu » (F.G. Kenyon, The Story of the Bible, London, 1936, p. 144, cité en Frederick Fyvie Bruce, Rotoli e pergame. Cosi nacque la Bibbia, Piemme, Casale Monferrato 1994, p. 175).

28. Faisons une considération supplémentaire : on saisit beaucoup mieux l’importance de tous ces fragments, si anciens et proches du texte original des Évangiles, si on considère que l’intervalle entre le texte original de l’œuvre d’Homère (au IXe siècle à peu près, avant JC) et le manuscrit qui en est le plus proche, celui que nous utilisons maintenant, est de deux mille ans.
- Pour Euripide (poète tragique grec 480-406 av . JC, nous avons 1 600 ans.
- Pour Sophocle, (poète tragique grec, 497/96- 406 av. JC) il y a 1 400 ans.
- Pour Platon, (Philosophe, 428/29-347 av. JC) il y a 1 300 ans.
- Pour Caius Julius César, (100-47 av. JC) il y a 800 à 900 ans. Les manuscrits qui témoignent des campagnes de César en Gaule, décrites en son œuvre De bello gallico, pour lesquelles l’intervalle entre la copie et l’original dépasse huit siècles, sont très nombreuses.
- Pour Horace, (poète latin, 68-8 av. JC) il y a 800 ans.
- Pour Virgile, (poète latin, 70-19 av. JC) il y aurait 400 ans si on n’avait pas trouvé, dans la forteresse de Massada, en Israël, un fragment de papyrus de très grande valeur qui contient une citation de l’Énéide dont la date ne remonte qu’à 92 ans après la mort du grand poète (ces faits ont été tirés de Giovani Giavini, Verso la Biblia, Ufficio Catechistico Diocesano di Milano, Milano, 1974, p. 28).

29. Tout ceci nous permet d’affirmer qu’il n’existe aucune autre œuvre permettant une aussi grande certitude quant à l’authenticité et à la fidélité au texte original que l’Évangile et la Sainte Écriture. D’autre part, si on considère le Nouveau Testament, notre certitude de posséder aujourd’hui le texte original est indiscutable. Cinq mille fragments nous sont parvenus et parfois avec un contenu très important ; une énorme quantité de matériel, mais pour comprendre la valeur de cette quantité de matériel à la disposition des chercheurs, nous devons rappeler que nous possédons 250 codex d’Horace, 110 d’Homère, 100 de Virgile, et seulement 1 de Tacite, (Giovanno Giovanni, cit. p 28)

30. Nous pouvons affirmer, au terme de ce chapitre, que les Évangiles doivent être regardés à juste titre comme des documents intégralement conservés, fidèles au texte original. Il est donc confirmé que nous possédons les mêmes textes évangéliques que ceux des communautés chrétiennes primitives.
31. Naturellement, tout ceci est insuffisant pour considérer les Évangiles comme des documents historiques dignes de foi. Nous devons examiner et répondre à l’ultime question, la plus décisive, celle dont dépend, en grande partie, notre réponse raisonnée au problème de l’historicité du christianisme.

32. Nous devons nous demander si le contenu des Évangiles, qui remonte certainement au premier siècle et qui est resté intact jusqu’à nos jours, peut être considéré comme authentique. De plus, nous devons examiner si les textes ont été écrits par des personnes compétentes et honorables, par des témoins fiables. De la même façon, nous devrons reprendre, pour entrer dans les détails, le thème de la datation des Évangiles originaux.
Recommander ce site à un ami | S’inscrire aux services en ligne | Nous écrire | Mettre en page d'accueil | Ajouter aux favoris

L’association Sacerdos est la branche française de l’Institut Sacerdos de Rome

Statistiques