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Chapitre 13

La fondation de l'Église


Le catholique sait, par la grâce de Dieu, par la Sainte Écriture et par l’enseignement de l'Église, qu’il n’y a qu’un seul Dieu, Père, Fils et Esprit Saint et que Dieu a voulu que seule l’Église Catholique transmette et enseigne ce qu’il veut de nous, les hommes, pour que nous obtenions la vie éternelle. Mais, beaucoup, disposés à croire que Dieu existe, ne sont pas enclins à croire en l’Église Catholique, à accepter sa doctrine et à reconnaître son rôle. C’est la raison pour laquelle nous devons exposer les motifs de crédibilité du catholicisme.




I. Quels chrétiens ?
II. Jésus a fondé une Église
III. Quelle Église a deux mille ans ?
IV. Le rôle de Simon Pierre






Pistes de réflexion

- Saviez-vous que Jésus a expressément voulu que l'Église existe ? Réfléchissez sur le fait que beaucoup croient que l’Église est une institution fondée par les hommes.

- Saviez-vous que l’Église fondée par Jésus-Christ sur Simon Pierre, ne mourra jamais ? Réfléchissez au fait que c’est une indication pour découvrir quelle est la véritable Église de Jésus-Christ.

- Saviez-vous que Jésus-Christ a voulu que l’Église soit hiérarchiquement structurée, avec Simon Pierre comme tête ? Réfléchissez au fait que beaucoup croient que l’Église est une société démocratique, sans distinction entre les pasteurs et les fidèles.


Mots clés

Église Catholique Luthériens et Protestants Henri VIII et anglicans
Posséder les clés Lier et délier Les portes de l’enfer (Hades)



1. Quels chrétiens ?

1. Ces pages sont consacrées aux chrétiens. Ce terme fut forgé et utilisé pour la première fois il y a vingt siècles, à Antioche, en Syrie. Il a été donné aux disciples de Jésus de Nazareth, le Christ. Les chrétiens, sauf quelques exceptions, (les Témoins de Jéhovah, par exemple) sont ceux qui croient que Jésus-Christ est Dieu, la seconde personne de la Sainte Trinité.

2. Et cependant, cette foi commune en la divinité de Jésus-Christ est insuffisante pour que ceux qui la professent soient membres d’une seule Église.

3. Les chrétiens appartiennent à de nombreuses communautés religieuses, unies par la foi en la divinité du Fils de Dieu mais divisées pour d’autres raisons profondes.

4. Il y a des chrétiens catholiques, orthodoxes, anglicans, luthériens, évangéliques, baptistes et protestants de diverses et innombrables appellations : arméniens, coptes, vaudois, adventistes, etc.

5. Une question se pose spontanément et un catholique doit savoir y répondre. Est-il possible d’identifier en se basant sur l’analyse des documents historiques, quelle est la véritable Église fondée par Jésus-Christ ? Et d’abord : Jésus a-t-il véritablement fondé une Église ?

6. Pour répondre à ces questions, notre recherche suivra une direction bien précise :
- En premier lieu, nous devons vérifier si Jésus a voulu fonder une Église.
- Au cas où la réponse serait affirmative, nous identifierons au moins quelques-unes des caractéristiques de cette Église.
- Enfin, nous poserons des questions à ces Églises qui se disent instituées par le Christ afin qu’elles nous prouvent qu’elles possèdent bien ces caractéristiques.

7. Seule l’Église qui répondra positivement à toutes nos questions pourra, à juste raison, être considérée comme possédant tout ce qu’il faut pour être déclarée la véritable Église du Christ. Nous ne ferons qu’une recherche historique. Nous n’entrerons pas dans le monde de la théologie ni dans celui de l’exégèse du texte évangélique. Nous limiterons ainsi notre champ d’action, et éviterons de réfléchir sur l’extraordinaire beauté du si grand don qu’est l’Église, absolument nécessaire à notre salut.

8. L’histoire et l’étude des témoignages et des documents historiques est un terrain accessible à tous, c’est le lieu où certaines informations et certaines revendications peuvent être confirmées ou, au contraire, démenties.

9. Dans la mesure de cette limite, commençons notre recherche pour découvrir quelle est la véritable Église fondée par Jésus-Christ.


II. Jésus a fondé une Église

10. Toutes les communautés chrétiennes sont convaincues du fait que Jésus-Christ a fondé une Église. Elles ont des divergences au moment de définir les caractéristiques de cette Église ; elles ne sont pas d’accord sur le fait de savoir s’il s’agit d’une réalité visible ou d’une institution uniquement spirituelle, si elle est structurée hiérarchiquement ou non ; mais il semble qu’elles acceptent avec sérénité le fait que Jésus-Christ ait fondé une Église.

11. Nous trouvons la raison de cet accord, dans l’Évangile. Matthieu nous relate le moment où Jésus révèle son intention de fonder une Église : « Arrivés dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : ‘Au dire des gens, qu’est le Fils de l’Homme’. Ils dirent : ‘Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des Prophètes.’ – ‘Mais, pour vous, leur dit-il, qui suis-je ?’ Simon Pierre répondit : ‘Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.’ En réponse, Jésus lui dit : ‘Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église et les portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle.’ » (Mt 16, 13-18).

12. Ce passage évangélique montre clairement l’intention de Jésus de fonder une Église : « Je bâtirai mon Église ». Notons immédiatement que sont énumérées deux caractéristiques que le Christ a voulu attribuer à son Église. Et grâce à elles nous pouvons l’identifier au milieu de toutes celles qui existent aujourd’hui.

13. La première : Le Christ compare son Église à un bâtiment et veut qu’il soit fondé sur Pierre. Il déclare expressément ces deux intentions : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ». De ceci découle que l’Église qui aurait la prétention d’être la seule fondée par le Christ devrait obligatoirement être fondée sur la personne de Simon Pierre. Sinon, le Christ se serait trompé, ce qui, pour les chrétiens, est tout simplement impensable.

14. La seconde : L’Église du Christ ne pourra pas être soumise à la mort. En effet, l’expression hébraïque ‘les portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle’, indique que la mort n’aura aucun pouvoir sur l’Église. On en déduit que l’Église fondée par Jésus-Christ doit aussi exister encore de nos jours.

15. Cette seconde caractéristique nous oblige à exclure de nos recherches toutes les « églises » qui ont pris naissance dans le passé et dont nous ne savons plus rien aujourd’hui, puisqu’elles n’existent plus. Pour ces communautés, la promesse « les portes de l’Hadès ne tiendront pas... » ne s’est pas accomplie, elle ne s’est pas maintenue. De-là, ou bien le Christ s’est trompé (mais alors il ne peut pas être Dieu) ou bien ce n’était pas des Églises fondées par lui (et ceci est le plus probable).

16. Notre recherche sur la véritable Église devrait, donc, limiter son propre champ d’action aux Églises qui existent aujourd’hui. Celles-ci, cependant, devraient obligatoirement démontrer - ce qu’elles ne peuvent faire qu’en s’appuyant sur les faits et les documents historiques – qu’elles sont nées à l’époque apostolique et qu’elles ont persisté jusqu’à aujourd’hui.


III. Quelle est l’Église qui a deux mille ans ?

17. Le catholique qui doit discuter avec d’autres chrétiens de communautés différentes, possède un argument simple et incontestable. C’est l’histoire qui nous donne cet argument.

18. Il faut inviter les membres des autres communautés chrétiennes à remonter le cours de l’histoire de leurs Églises. En d’autres termes, ces dernières doivent déclarer, - en le prouvant historiquement – quelles sont leurs origines, le lieu et leur date de naissance. On ne pourra croire en elles que si elles sont capables de prouver leurs propres origines apostoliques.

19. Il est évident que le catholique doit également offrir des preuves de l’origine apostolique de l’Église à laquelle il appartient. Il le fera – nous le verrons – sans aucune crainte ni hésitation, porté par une documentation très abondante.

20. Or, si nous demandons à l’Histoire de nous indiquer la date de naissance de l’Église anglicane, elle nous répondra avec une très grande précision : en l’année 1534, quinze siècles après la mort de Jésus-Christ

21. Cette année-là, le Roi d’Angleterre Henri VIII, désirant rompre son mariage avec Catherine d’Aragon (qu’il fera assassiner ensuite) pour se marier avec Anne Boleyn, et n’ayant pas obtenu l’approbation du Pape Clément VII, obtint que le Parlement anglais approuve l’Édit de suprématie qui conduisit à la naissance de l’Église anglicane.

22. Une nouvelle église avec un nouveau chef : le Roi d’Angleterre. Depuis pratiquement cinq siècles, des millions de sujets anglais se déclarent fidèles à une église dont le chef est toujours un homme politique, un roi ou une reine, et dont les décrets doivent obtenir le placet du Parlement et du roi pour être valables.

23. Comme nous l’avons promis, nos observations ne seront pas de caractère théologique ou exégétique. En ces matières, les anglicans ont certainement des motifs pour soutenir leurs convictions. Mais, historiquement un fait est évident : l’Église anglicane ne peut pas revendiquer une date de naissance qui remonterait au temps de Jésus-Christ. Elle n’a pas été fondée par Jésus-Christ.

24. Si nous demandons à l’histoire de nous indiquer les dates de naissance des confessions religieuses qui remontent au Protestantisme, en commençant par l’église luthérienne, l’histoire nous indique une date : 1519, quand un moine Augustin, donc catholique, du nom de Martin Luther, ne voulut plus reconnaître l’autorité du souverain Pontife, alors qu’il l’avait fait jusque là ; en 1520, Luther brûla publiquement la bulle par laquelle le Pape Léon X l’avait excommunié. Précisément au cours de ces années et des suivantes, Luther a inventé une nouvelle église qui n’avait encore jamais existé. De nombreuses autres communautés religieuses, appartenant toutes à la grande famille de la Réforme protestante en sont issues jusqu’à aujourd’hui.

25. Luthériens, Calvinistes, Zwingliens, Baptistes, Adventistes, Méthodistes, Épiscopaliens, Évangéliques, pour ne citer que les plus connus, auraient tous certainement des explications théologiques et des interprétations de versets bibliques pour « justifier » de leur existence religieuse. Nous ne discutons pas, comme nous l’avons dit, de questions de ce genre. De même, nous ne dirons rien de la bonne foi de ceux qui appartiennent à ces « églises ». Nous n’avons aucun argument pour exprimer un jugement.

26. Mais pour juger l’histoire peut nous fournir des éléments et le catholique sait ce qu’il doit demander à l’histoire : entre toutes les confessions protestantes, quelle est celle qui peut démontrer, - documents en mains – ses origines apostoliques ? Quelle est celle qui peut s’attribuer une existence bimillénaire en revendiquant Jésus-Christ comme fondateur ?

27. La réponse est simple : aucune. Aucune église protestante n’a été fondée par Jésus-Christ. Avant Martin Luther (1483-1546), il n’y avait aucun protestant nulle part sur la planète. Les protestants ont sans aucun doute des mérites indiscutables. Les fondateurs de leurs églises sont des personnes très dignes de respect, nous ne voulons pas en discuter, bien qu’il ne manque pas d’arguments pour avoir des doutes.

28. Un fait est certain : personne parmi eux ne peut démontrer historiquement que Jésus-Christ a fondé son église. Qu’ils nous disent par exemple où l’on peut trouver un protestant au IIIe, IV ou Ve siècles. Ils n’existaient pas. Et les siècles suivants ? Il n’y en avait pas un jusqu’à Luther.

29. Aucune confession née de la réforme n’a deux mille ans. La promesse de Jésus faite à sa véritable Église : « Les portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle » n’a été adressée à aucune église protestante.

30. En remontant quelques siècles supplémentaires nous trouvons la religion vaudoise. Les Vaudois sont un petit nombre de chrétiens, surtout présents en Italie. Leur nom en révèle l’origine : Pietro Valdo (aux alentours de 1140- 1217), un commerçant de Lyon, qui décida en 1174 de donner tous ses biens aux pauvres et commença à prêcher l’Évangile.

31. Même si notre intention n’est pas de juger la bonne foi de qui se dit vaudois, nous ne pouvons pas ne pas citer la date que nous indique l’histoire : avant le XIIe siècle, personne ne professait la religion vaudoise, donc cette église n’existait pas : elle est née avec Valdo.

32. Avec Pedro Valdo, donc, nous dit l’histoire, non pas avec Jésus-Christ constatons-nous. Entre le moment où Jésus promet qu’il instituera son Église (Mt 16) et la naissance de la profession vaudoise il y a plus de douze siècles. Ces paroles : « les portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle » qui nous sont déjà familières, ne s’adressent évidemment pas à l’église vaudoise.

33. Les Églises qui se nomment « Orthodoxes » méritent, au point de vue historique, des considérations différentes de celles que nous avons faites jusqu’ici.

34. Elles ont une origine commune avec celle de l’Église catholique, origine qu’elles n’ont jamais reniée – à la différence de ce que firent les protestants -. Elles se sont séparées de l’Église Catholique en 1054, mais jusqu’à cette date, même au milieu de tensions et de schismes plus ou moins résolus, les Églises Orthodoxes et l’Église Catholique ne formaient qu’une seule réalité, une seule Église.

35. Elles ont partagé les opinions des sept premiers Conciles Œcuméniques, la plus grande partie de la doctrine et du contenu de la foi, et, surtout, les onze premiers siècles de vie. Vint ensuite la douloureuse séparation de la moitié du XIe siècle, blessure jamais guérie, avec des excommunications et des accusations réciproques d’avoir abandonné la véritable Église.

36. Les Orthodoxes, à la différence des protestants, anglicans, et vaudois, peuvent démontrer que leur origine, grâce à l’histoire commune avec les Catholiques, remonte au temps de Jésus-Christ.

37. En ce qui concerne l’Église Catholique, à laquelle nous appartenons, elle n’a aucune difficulté à dire son âge et à le prouver : deux mille ans.

38. Si le Pontife actuel, tête visible de l’Église Catholique, remontait l’histoire de l’Église, il trouverait 263 Papes qui l’ont précédé et le premier d’entre eux : Simon Pierre qui fut non seulement le premier évêque de Rome, mais celui qui dut constituer les premiers fondements de la véritable Église de Jésus-Christ.

39. Grâce à la succession ininterrompue sur la cathèdre de Pierre, du Prince des Apôtres, du premier Évêque de Rome, succession que l’on peut facilement montrer, l’Église Catholique s’attribue des origines apostoliques.

40. L’histoire a prononcé son verdict. A notre question : quelle est celle des Églises existantes aujourd’hui qui peut démontrer – documents en mains – qu’elle a un certificat d’identité sur lequel la date de naissance remonte à l’époque de Jésus-Christ ? l’histoire répond : L’Église Catholique et les Églises Orthodoxes.

41. Il est certain que cette réponse ne donne pas entière satisfaction à notre recherche. L’Évangile dit que Jésus-Christ fonda une seule Église ; par contre, les Églises qui s’attribuent des origines apostoliques sont beaucoup plus nombreuses. Nous avons cependant obtenu un résultat : notre recherche continue, mais elle peut licitement limiter son champ d’action à l’Église Catholique et aux Églises Orthodoxes. Ce n’est qu’entre elles que se « cache » la véritable Église voulue par Jésus.

42. Pour la découvrir, l’identifier, nous devons faire attention à une autre caractéristique que doit obligatoirement posséder la véritable Église : être édifiée sur Pierre « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ». C’est là l’origine de ce que les chercheurs des questions sacrées appellent « le Primat de Pierre ».

43. Celle qui, entre l'Église Catholiques et les Églises Orthodoxes conserve intact ce « fondement » voulu par le Seigneur, celle qui a gardé sans altération ce « primat » pourra se considérer comme l’unique Église fondée par le Christ.

44. Avant de continuer et d’arriver à la réponse définitive, nous devons examiner brièvement ce que l’on entend par « Primat de Pierre ». Commençons par le rôle dont Jésus voulut charger l’Apôtre Pierre, le Prince des Apôtres, le premier Évêque de Rome, la première tête visible de l’Église Catholique.


IV. Le rôle de Simon Pierre

45. Le Primat de Pierre trouve son origine à deux moments. Les chercheurs désignent le premier par l’expression : « la promesse du primat » que nous avons rappelé au début de ce chapitre : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ».

46. En lisant le récit de Matthieu, nous voyons qu’immédiatement après avoir prononcé ces paroles, Jésus fait une autre promesse à Simon Pierre : « Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié et quoi que tu délies sur la terre ce sera tenu dans les cieux pour délié » (Mt 16, 19). Jésus est en train d’expliquer ce qu’il entend par primat. Ces paroles sont facilement compréhensibles pour ceux qui les écoutaient au moment où elles furent prononcées mais beaucoup moins pour nous, hommes du XXe siècle.

47. « Avoir les clés », en langage biblique correspond au pouvoir du majordome qui administre les biens d’une maison, ou d’un palais, en attendant le retour de son propriétaire légitime. Delà découle que l’Église que le Christ veut édifier devra avoir, en l’absence du propriétaire (le Christ), Simon Pierre, précisément, comme administrateur de ses biens.

48. En langage rabbinique, lier et délier, indique le pouvoir d’interdire (lier) ou d’autoriser (délier) en matière doctrinale ; par contre, dans le domaine disciplinaire et juridique, la même expression indique le pouvoir de condamner (lier) ou d’absoudre (délier).

49. Ainsi, Jésus promet à Pierre non seulement, qu’il sera le fondement de l’édifice de l’Église, mais aussi qu’il lui donnera le pouvoir d’interdire ou d’autoriser dans le domaine doctrinal et de condamner ou d’absoudre dans le domaine juridique et disciplinaire.

50. Le rôle que Jésus veut attribuer à Pierre nous apparaît donc très clairement. Mais continuons.

51. Le second moment : après la promesse du primat, l’Évangile nous rappelle le passage de l’attribution. Nous le trouvons dans l’Évangile de Jean.

52. « Ce fut la troisième fois que Jésus se manifesta aux disciples, une fois ressuscité d’entre les morts. Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon Pierre : ‘Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ?’ Il lui répondit : ‘Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime.’ Jésus lui dit : ‘Pais mes agneaux.’ Il lui dit à nouveau, une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ?’ – ‘Oui, Seigneur’, lui dit-il, ‘tu sais que je t’aime’ Jésus lui dit :’ Pais mes brebis’. Il lui dit pour la troisième fois : ‘Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ?’. Pierre fut peiné de ce qu’il lui eût dit pour la troisième fois : ‘m’aimes-tu’, et il lui dit :‘ Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime’. Jésus lui dit : ‘Pais mes brebis » (Jn 21, 14-17).

53. « Pais mes agneaux – Pais mes brebis – pais mes brebis ». Trois fois Jésus confie une mission à Simon Pierre : conduire, guider et gouverner tout le troupeau, exactement comme le fait un pasteur. Le troupeau – et là-dessus tous les chercheurs sont d’accord – c’est l’Église dans sa totalité. C’est à Pierre qu’il revient de guider et gouverner l’Église fondée par le Christ.

54. Orthodoxes, anglicans et protestants ne sont pas d’accord, en partie ou totalement, avec l’Église Catholique au sujet de l’explication que l’on peut donner à ces paroles, mais qui pour nous sont très claires. Le Primat de Pierre comprend le pouvoir de gouverner l’Église et, par conséquent, le droit d’être obéi par ceux qui en font partie. Cela ne plaît pas à certains, mais selon l’Évangile de Jean, c’est la volonté explicite du Christ.

55. Pour dépasser cette disparité d’interprétations il faudrait faire face à une dissertation théologique et exégétique complexe. Nous préférons poser la question à l’histoire. Elle devra nous dire comment a été compris, accueilli et mis en pratique le Primat de Pierre depuis l’époque de l’Église primitive.

56. Chacune des Églises chrétiennes d’aujourd’hui devraient se comparer à l’Église primitive. Si, au sujet du Primat de Pierre, une Église de notre époque avait une idée fondamentalement différente de celle de l’Église des origines, elle ne pourrait pas avoir la prétention d’être l’unique Église fondée par le Christ.

57. Au cours du prochain chapitre précisément, nous interrogerons l’histoire sur cet argument. Mais, avant, faisons une ultime considération. L’Église, selon l’intention de son fondateur, ne cessera jamais d’exister ; il est donc totalement évident que son fondement, son pasteur, sera toujours présent.

58. Mais Jésus n’a pas promis l’immortalité à Pierre. Au contraire, il lui a annoncé le mode selon lequel il mourrait. Ainsi, puisque la tâche de gouvernement de l’Église, d’être son fondement et son guide perdurerait dans le temps, pour cette raison même, Pierre devrait la transmettre à son successeur. Et ainsi pendant toute l’existence de l’Église, c’est-à-dire toujours.

59. Les Évangiles confirment cette conclusion. Aussi, en confiant à l’Église une tâche précise, Jésus manifesta l’intention de la voir durer toujours, au cours des siècles : « Quant aux onze disciples, ils se rendirent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait donné rendez-vous. Et quand ils le virent, ils se prosternèrent. D’aucuns, cependant, doutèrent. S’avançant, Jésus leur dit ces paroles : ‘tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous, pour toujours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 16-20).

60. La mission de faire des disciples et d’enseigner à toutes les nations jusqu’à la fin du monde et, donc, de les baptiser, ne pouvait pas être seulement confiée aux onze auditeurs des paroles de Jésus étant donné qu’ils seraient tous morts peu de temps plus tard. Cependant, Jésus a dit qu’Il accompagnerait ceux qui enseigneraient et baptiseraient (l’Église), jusqu’à la fin du monde.

61. Donc, évidemment, le pouvoir donné à l’Église en la personne des onze premiers disciples guidés par Simon Pierre, a été transmis à leurs successeurs et il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps. Nous possédons maintenant tout ce dont nous avons besoin pour pénétrer dans le monde de l’histoire et terminer notre recherche. C’est ce que nous ferons dans le prochain chapitre.



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