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Chapitre 14

Le Primat de Pierre



Tout ce que nous avons exposé dans le chapitre précédent nous a permis de récolter une première conclusion, même si elle n’est pas définitive, au sujet de notre recherche sur la véritable Église fondée par jésus de Nazareth : les Églises qui appartiennent à la prolifique famille de la réforme protestante, pas plus que l’Église anglicane et la vaudoise (pour ne citer que les plus connues) ne peuvent démontrer, avec des preuves historiques, qu’elles ont des origines qui remontent à l’époque apostolique. Aucune d’entre elles n’a évidemment été fondée par Jésus. Seules l’Église catholique et celle de l’Orient chrétien, l’Église Orthodoxe, sont bimillénaires. La seule qui soit la véritable Église fondée par le Christ est l’une d’elles. Ce n’est que sur ces deux confessions que se déroulera notre recherche de caractère historique. Comment faisons-nous pour savoir quelle est la véritable Église fondée par le Christ ? L’examen d’une autre caractéristique de la véritable Église du Christ va nous aider à répondre : Le primat de Pierre.



I. Le Primat de Pierre dans l’Église primitive
II. Le Primat de Pierre aux premiers conciles







Pistes de réflexion

- Savez-vous que l’Évêque de Rome, le Pape, a toujours été considéré, depuis les premiers temps de la vie de l’Église, comme le Pasteur universel de tous les chrétiens ? Réfléchissez sur le fait qu’aujourd’hui beaucoup croient qu’on peut désobéir au Pape sans se sentir coupable.

- Il n’y a qu’une seule Église fondée par Jésus-Christ : l’Église catholique dont le Souverain Pontife est la tête. Réfléchissez au fait qu'aujourd’hui il existe d’innombrables confessions chrétiennes et que chacune d’entre elles croit être la seule véritable.

- Pensez que le Christ a voulu son Église sur la terre pour continuer sa mission de salut. Réfléchissez sur le fait qu’aujourd’hui beaucoup imaginent qu’ils peuvent plaire à Dieu en se passant de son Église.




Mots clés

Primat de Pierre Conciles Œcuméniques



I. Le Primat de Pierre dans l’Église primitive.

1. Le Primat de Pierre, que le Christ a promis au Prince des Apôtres, a séparé les Églises d’Orient de l’Église catholique. Les premières reconnurent à Pierre et à ses successeurs, les Évêques de Rome, un primat d’honneur, mais pas de juridiction. Il est certain que la position de l’Évêque de Rome est privilégiée par rapport à celle de tous les autres évêques, mais elle n’est pas aussi privilégiée que de permettre au Successeur de Pierre de gouverner toute l’Église. Tout ceci est ce que croient les Églises d’Orient.

2. L’Église catholique considère, par contre, que les successeurs de Pierre, les Papes, les Évêques de Rome, ont un primat qui implique également le gouvernement de toute l’Église et que ce n’est pas seulement un primat d’honneur.

3. Qui a raison ? C’est l’histoire qui doit nous donner la réponse et précisément l’histoire que l’Église catholique et les confessions de l’Orient chrétien ont en commun.

4. En premier lieu, il n’y a aucun doute qu’au cours des décennies suivant la mort de Pierre, son ministère fut exercé par l’Évêque de Rome. L’Église primitive était guidée par l’Évêque de Rome. Nous en témoigne l’épisode qui a pour protagoniste le Pape Clément, quatrième Évêque de Rome après Pierre, Lin et Anaclet.

5. De Clément nous est parvenue la fameuse lettre qu’il écrivit à la fin du premier siècle, aux chrétiens de Corinthe. Ces derniers avaient destitué leur chef, laissant la place à une dangereuse situation d’anarchie.

6. Voici les paroles avec lesquelles Clément intervient pour condamner cette destitution :

« Nous considérons qu’il ne faut pas éloigner du ministère ceux qui furent établis par eux [les Apôtres], ou ensuite par d’autres hommes illustres avec le consentement de toute l’Église, et qui ont servi de façon droite le troupeau du Christ, avec humilité, sérénité et gentillesse et qui ont eu l’estime de tous et pendant longtemps » (Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens 44, 3. En I Padri Apostolici, a cura di Antonio Quacquarelli, Città Nuova, Roma 1981, p 78)

7. Clément ordonne que l’on réintègre dans leurs fonctions de gouvernement ceux qui en avaient été écartés par la communauté de l’Église de Corinthe. Il en arrive même à menacer de graves sanctions si ses dispositions ne sont pas respectées.

8. «Que ceux qui désobéissent aux paroles de Dieu, répétées par notre intermédiaire, sachent qu’ils tombent dans une faute et un grave danger » (Ibidem, 59, en I Padri Apostolici, cit. , p 88)

9. Donc, l’histoire nous dit que Clément, Évêque de Rome, successeur de Pierre :
-. Intervient dans les affaires intérieures d’une Église, celle de Corinthe, qui, comme celle de Rome, avait une origine apostolique.
- intervient alors que Jean, l’un des Apôtres, vivait encore.
- qu’il intervient en menaçant de sanctions si on ne lui obéit pas.

10. Comment ne pas rappeler, précisément dans cet épisode, l’application de ce pouvoir de « lier et de délier » que Jésus avait conféré à Pierre et que son successeur légitime exerce en cette occasion ?

11. Les communautés chrétiennes primitives ont conservé avec grand soin la lettre de Clément qui révèle le rôle prééminent de l’Évêque de Rome sur une autre Église, à tel point que, en 170, l’Évêque de Corinthe : Diogène, écrivit au Pape Soter pour l’informer qu’ils lisaient cet écrit à la célébration eucharistique du dimanche.

12. Il semble plutôt évident que l’évêque de Rome exerçait son primat, pendant le premier siècle, de façon non seulement honorifique, mais surtout par le gouvernement de l’Église. L’histoire nous offre d’autres faits.

13. Au IIe siècle, le rôle de gouvernement et de guide du Pontife Romain était accepté sans objection par toute l’Église. Ceci est confirmé par une série de documents de valeur incomparable.

14 Pour des raisons de longueur d’exposé, citons seulement Irénée (aux alentours de 140-200), Évêque de Lyon qui, dans son œuvre très connue « Adversus Hæreses », écrite contre les doctrines hérétiques, en se rapportant à l’Église de Rome, nous disait : « En effet, en raison de son origine la plus excellente, chaque Église, c’est-à-dire les fidèles qui viennent de partout, doit nécessairement être d’accord avec cette Église... elle, en qui a toujours été conservée, pour tous les hommes, la Tradition qui vient des Apôtres » (San Ireneo de Lyon, Contro la eresie e gli altri scritti, III, 3, 2, a cura di Enzo Bellini, Jaca Book, Milano 1981, p 218).

15. Il est difficile de trouver un document plus clair faisant référence aux convictions des premiers chrétiens au sujet du primat de l’Église de Rome. Tout chrétien, indépendamment de son lieu d’origine, d’Orient ou d’Occident, doit rester en communion avec cette Église, c’est-à-dire avec l’Église de Rome.

16. S’ils les lisaient, ce sont des paroles qui feraient du bien aux protestants, aux anglicans ainsi qu’aux Orthodoxes parce qu’ils se sont tous éloignés de l’Église de Rome au cours des siècles.

De même, au IIIe et IVe siècles, les chrétiens ne mettaient pas en doute le primat de l’Église de Rome.

17. Parmi les documents qui le prouvent, rappelons les paroles que saint Augustin, Évêque d’Hippone, adressa à tous ceux qui, comme les donatistes à son époque, avaient abandonné l’union avec l’Église Catholique :

18. « Vous savez ce qu’est l’Église catholique : c’est la vigne dont vous êtes les sarments élagués... Donc, dépêchez-vous de revenir pour être de nouveau greffés sur la vigne véritable. En effet, la véritable vigne est là où se trouve le siège de Pierre, ce siège dont nous connaissons l’authentique succession des titulaires. C’est là qu’est la pierre contre laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront pas » (Saint Augustin, Psalmus contra Partem, Donati, de 394, en Patrologia Latina, 43, 30).

19. Au temps de saint Augustin, quand la séparation d’avec l’Église d’Orient n’avait pas encore eu lieu, on invitait ceux qui quittaient l’Église Catholique « à revenir pour être à nouveau greffés sur la vigne véritable », vigne véritable qui coïncide avec l’enseignement de Pierre.

20. Pour le saint Évêque d’Hippone, les paroles du Christ « les portes de l’Hadès ne prévaudront pas contre elle » s’adressaient à l’Église Catholique, à l’Église de Rome où se trouvait le siège de Pierre et de ses successeurs.

21. Cette invitation garde toute sa valeur. Aujourd’hui le catholique, fort de la tradition de l’Église, l’adresse à ces chrétiens qui ne sont pas en communion avec l’enseignement de Pierre, c’est-à-dire, avec l’Église Catholique.

22. L’histoire nous apprend que les pontifes de Rome ont exercé leur primat, qui concernait aussi le gouvernement de l’Église, bien avant que se vérifie la douloureuse séparation de 1054, entre l’Orient et l’Occident chrétiens.

23. Pour des raisons de longueur d’exposé encore, rappelons seulement que le Pape Victor (189-199), a décidé d’excommunier les Églises d’Asie qui n’étaient pas en accord avec l’Église de Rome au sujet de la définition de la date de la célébration de Pâques. Ce fait est de grande importance.

24. En effet, aucun évêque, à l’exception de celui de Rome, le pape, ne pouvait attribuer à lui-même un pouvoir comme celui-ci : excommunier toutes les Églises d’une région entière.

25. Nous nous trouvons en face de ce pouvoir de lier et de délier que Jésus confia à Pierre et qu’il a transmis à ses successeurs. Un pouvoir que personne n’osait contester quand l’Église était une.


II. Le primat de Pierre au cours des premiers conciles

26. Mais l’histoire nous offre encore d’autres faits impressionnants. Elle nous permet de savoir ce que croyaient les actuels prédécesseurs des évêques et des patriarches du christianisme oriental, maintenant éloignés de Rome, sur le primat de Pierre, avant la douloureuse séparation. Étaient-ils eux aussi, convaincus qu’il ne s’agissait que d’un primat d’honneur et non pas, au contraire, d’un primat de juridiction. C’est à cette question que répondent les documents qui nous viennent des premiers conciles de l’Église, tenus pour valides par les actuels évêques de l’Orient schismatique.

27. Les quatre premiers conciles se réunirent en Orient, convoqués par l’empereur. Le Pape n’y participait pas mais envoyait ses représentants.

28. L’examen des documents approuvés par les conciles ne laisse aucun doute sur la reconnaissance du primat de Pierre, sur les prérogatives de ce primat, sur la fonction de guide, d’autorité et de gouvernement de toute l’Église exercé par l’Évêque de Rome, reconnu et accepté par toute l’Église. En voici quelques exemples :

29. Le Credo approuvé par le premier concile œcuménique de Nicée (325), en présence de plus de 300 évêques d’Orient, fut signé en premier par Osio, Évêque de Cordoue et par deux Presbytres romains : ils étaient tous les trois envoyés par le Pape Sylvestre.

30. Au cours du second concile œcuménique réuni à Éphèse en 431, le représentant du Pape, le presbytre Philippe, prononça des paroles mémorables qui étaient un véritable enseignement doctrinal sur le primat de Pierre. Toute l’assemblée l’accueillit dans un silence déférent.

31. « Aucun doute et c’est même un fait connu de tous les siècles, que le saint et bienheureux Pierre, le pêcheur chef des Apôtres, colonne de la foi et fondement de l’Église Catholique, reçut de notre Seigneur Jésus-Christ, Sauveur et Rédempteur du genre humain, les clés du Royaume et qu’il lui fut donné le pouvoir de lier et de délier. Et Pierre vit et juge, jusqu’à maintenant et pour toujours dans la personne de ses successeurs. Or, précisément son successeur et substitut légitime, notre saint et bienheureux Pape Célestin, Évêque, nous a envoyé à ce concile pour l’y représenter » (Joanes Dominicus Mansi, Sacro sanctuum Concilium, Nova et amplisima coleccio, vol. IV, ristampa anastica, Graz 1960-1961 ; p. 1295).

32. Une autre chose significative : la courte lettre que le Pape Célestin a envoyée au concile déjà cité : « En notre sollicitude, nous avons envoyé à nos saints et nobles frères, et membres dans le sacerdoce, les Évêques Arcadi et Projetto, en même temps que le Prêtre Félipe, hommes intègres qui partagent nos sentiments, pour qu’ils interviennent dans vos discussions et soutiennent ce que nous, nous avons décidé. . Nous sommes sûrs que votre sainteté éprouvera le devoir de partager leurs décisions » (Ibidem, p. 1 287)

33. Enfin, rappelons-nous le IVe concile œcuménique réuni à Chalcédoine, en Turquie, en 451. Le Pape Léon Ier, le Grand, n’y participait pas mais envoya ses représentants et mis comme condition que l’un d’entre eux, l’Évêque Pascasin, préside le Concile.

34. A la session inaugurale, on voit le rôle prééminent du Souverain Pontife. En effet, le représentant du Pape s’oppose à ce que l’évêque d’Alexandrie, Dioscore, participe au Concile, par ces paroles : « Nous avons les instructions du bienheureux et apostolique évêque de la ville des romains, qui est tête de toutes les Eglises, (qui est caput omnium Ecclesiarum), et elles prescrivent que Dioscore ne doit pas participer au concile et, s’il essaie de le faire, il faudra l’expulser » (Ibidem, vol VI, pp 580-581).

35. L’affirmation du fait que l’Évêque de Rome était « la tête de toutes les Églises », solennellement prononcée devant tout le monde par le légat pontifical ne scandalisa pas les présents et personne ne l’a contestée, pas même le Patriarche de Constantinople qui, aujourd’hui, ne reconnaît pas le plein primat de Pierre.

36. Nous avons quelques arguments pour en tirer une conclusion : la documentation examinée jusqu’à maintenant nous permet d’affirmer que, quand l’Église était une, avant le schisme de Constantinople de l’année 1054, d’où naquit l’Église d’Orient, toute l’Église reconnaissait le primat de Pierre, et que les conciles auxquels participaient les prédécesseurs de tous ceux qui le contestent aujourd’hui dans sa totalité, l’acceptaient également.

37. L’histoire nous démontre qu’il s’agit d’un primat, non seulement d’honneur, (comme la hiérarchie de l’Église Orthodoxe serait encore aujourd’hui, disposée à le reconnaître) mais de gouvernement et de juridiction, comme l’Église Catholique le croit et l’exerce encore de nos jours et pour toujours.

38. Il découle de ceci qu’en nous basant sur la documentation catholique dont nous parlons, c’est l’Église de Rome, ou Église Catholique, qui a intégralement gardé la doctrine, le rôle et les tâches que le Christ a confiés à Pierre et à ses successeurs.

39. Ceci nous permet d’affirmer, avec une bonne marge de certitude historique, que l’unique Église fondée par le Christ est l’Église Catholique.

40. En effet, seule au milieu de toutes les Églises existantes aujourd’hui :
- Son origine remonte à l’époque apostolique, à travers la succession des Souverains Pontifes, en commençant par saint Pierre et, donc, qu’elle a été fondée par Jésus-Christ.
- Elle a gardé intégralement le primat de Pierre, tel que l’a institué le Seigneur et compris et exercé l’Église primitive. Primat non seulement honorifique, mais aussi de juridiction, c’est-à-dire de gouvernement de l’Église entière ;
- Elle peut démontrer que ce primat fut reconnu, accueilli et accepté par toute l’Église de l’antiquité et qu’il fut toujours exercé par les Papes.
- Enfin, elle peut démontrer que tous ceux qui nient l’exercice du primat de Pierre, tous ceux qui n’acceptent pas le rôle qu’aujourd’hui encore remplit le Pape, se sont éloignés de la véritable doctrine enseignée par Jésus-Christ, de l’unique Église fondée par le Maître et de la Tradition, à savoir, de la Tradition de l’Église.



41 Le catholique a des preuves suffisantes pour exposer, soutenir et défendre les raisons de crédibilité de l’Église à laquelle il appartient.
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